Ecolo au gouvernement en Wallonie? "Avec des réformes basculantes, nous sommes prêts à mouiller le maillot"

Le déficit belge s’est creusé depuis la chute du gouvernement Michel en décembre dernier, et les explications pour le justifier n’ont pas convaincu le député fédéral Ecolo Gilles Vanden Burre.

"Le budget a malheureusement dérapé. On assiste à une prise du bec entre le ministre des finances actuel Alexander De Croo face à Johan van Overtveldt, côté N-VA, qui se renvoient la balle. J’aimerais rappeler que, car c’est hypocrite par rapport à la population, nous disons "attention" depuis le début de la législature par rapport à toutes les mesures prises par du gouvernement MR : N-VA. Je pense au tax shift, à l’impôt des sociétés,…", explique-t-il. "Aujourd’hui, les citoyens payent ce manque de sérieux budgétaire du gouvernement sortant. Le fait d’être en affaires courantes n’aide pas."

"Nous sommes prêts à être du côté des solutions"

Mais Ecolo est-il prêt à aider ce gouvernement en affaires courantes ? "Ce qui est clair, c’est qu’un budget représente des choix politiques. La vision de société au niveau du gouvernement fédéral sortant, nous ne la partageons pas. Dire que l’on va venir secourir ce budget en l’état, ce n’est pas notre ambition. Mais par contre, discuter d’autres politiques pour répondre aux urgences sociales et climatiques, nous y sommes prêts. Nous sommes prêts à être du côté des solutions."

Il insiste : "Nous ne sommes pas des fétichistes budgétaires comme l’était le gouvernement sortant ou leur objectif N°1 était d’avoir un budget en équilibre. On voit à quel point ils ont raté leur mission. Mais nous sommes conscients qu’il ne faut pas reporter la facture sur les générations futures. C’est ce qui est en train de se passer. On sait qu’à l’horizon 2024, la situation ne va faire que s’aggraver. Il y a les pensions qui auront un poids important dans l’impact budgétaire des années à venir. Il est temps de prendre des mesures fortes qui répondent à l’urgence sociale et environnementale."

Ces mesures ne pourront être évidemment prises que par un nouveau gouvernement fédéral. Les informateurs désignés par le Roi sont à la manœuvre pour le moment. Mais les verts ont-ils reçu un carton d’invitation ? Pour rappel, l’Open vld a eu des mots très dur envers Groen. "Je n’en sais rien. Nous, nous avons toujours répondu positivement aux demandes de dialogue et c’est ce que nous continuerons à faire. On veut se mettre du côté des solutions, Ecolo et Groen ensemble. C’est une situation compliquée, je pense que tout le monde l’a compris. Nos concitoyens aussi et sont les premiers concernés. On n’est pas là pour mettre de l’huile sur le feu. Laissons les informateurs faire leur travail. Nous sommes à disposition et du côté des solutions."

Réformes basculantes

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les discussions exploratoires se poursuivent. Mais difficile de trouver un terrain d’entente. Il y a de grosses pierres d’achoppement entre la note coquelicot (PS-Ecolo) et la note MR. "Les discussions sont en cours. Je pense qu’il faut laisser du temps au temps. La phase de négociation n’a pas encore commencé. On explore les pièces des uns et des autres. Il est important pour nos concitoyens de trouver des solutions et de mettre en place un gouvernement."

Certains, au sein des Verts, estiment pourtant qu’ils ne doivent pas forcément monter dans un attelage ou ils ne sont numériquement pas indispensables.

"Ce ne sera pas à tout prix, ce n’est jamais à tout prix pour les Ecolo. C’est sur base de réformes basculantes en termes environnemental, social. Les urgences sont là il faut y répondre. Mais y aller pour y aller, ça n’a jamais été dans l’ADN d’Ecolo. On est dans une situation ou on veut des réformes basculantes, comme on en a eu dans l’accord négocié en Région bruxelloise par exemple. Je suis ravi de cet accord. Il y a des réformes basculantes avec des dates claires par rapport à l’urgence sociale, par rapport à la mobilité, par rapport à la réduction des émissions de CO². C'est ça qui compte pour nous. À partir du moment où ces choses sont en places on est prêt à mouiller le maillot."

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