Écoles, commerces, métiers de contact : découvrez les mesures du comité de concertation face à la hausse de l’épidémie de coronavirus

Devant la progression, toujours jugée inquiétante, des chiffres de l’épidémie de coronavirus, un nouveau comité de concertation s’est réuni ce mercredi matin dès 9 heures. À l’issue de cette rencontre, une conférence de presse s’est déroulée. Alexander De Croo a fait état à la population des accords établis entre les présidents des différentes Régions du pays et le fédéral. Commerces dits "non-essentiels", rassemblements à l’extérieur, enseignement et durcissement des sanctions sont au menu de ce nouveau tour de vis.

"Le comité de concertation a été anticipé aujourd’hui à cause des événements que nous connaissons ces derniers jours. On a vu une hausse persistante des contaminations et des hospitalisations, on a vu que la pression sur les soins intensifs a augmenté", a entamé le Premier ministre fédéral Alexander De Croo peut après 13h20.

Le libéral a rappelé que le dernier comité de concertation, survenu cinq jours plus tôt avait débouché sur un report des assouplissements prévus et annoncés dans un calendrier prévisionnel le 5 mars dernier. "C’est pesant, c’est lourd de prendre ces décisions mais si on ne les prend pas, les conséquences seront encore plus graves que ce que l’on connaît aujourd’hui", a-t-il plaidé.

 

Le chef du gouvernement fédéral a justifié la "pause pascale d’une période de quatre semaines", sous la forme d’un mix de mesures "prises de manière solidaires dans différents secteurs". En fin de conférence de presse, le ministre de la Santé Franck Vandenbroucke a indiqué que certains secteurs étaient ciblés "non pas parce qu’ils sont coupables".

"On ne pointe pas du doigt, mais on veut limiter les contacts et la circulation du virus dans la perspective de pouvoir rouvrir notre société dans les mois qui viennent."

Commerces "non-essentiels" et métiers de contact

Les premières décisions concernent les commerces dits "non essentiels". Ils devront garder portes closes dès le samedi 27 mars jusqu’au 25 avril. Toutefois, ils pourront toujours accueillir des clients sur rendez-vous et pratiquer le "click&collect". Une façon pour les autorités de freiner le "fun shopping" tout en assurant la poursuite des activités des commerçants.


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Du côté des métiers de contact non médicaux, ils doivent à nouveau fermer leurs portes. Cela concerne les coiffeurs, les métiers de l’esthétique mais aussi les tatoueurs.

Écoles

Ce nouveau tour de vis impacte aussi les écoles dont la fréquentation sera réduite la semaine qui précède Pâques, c’est-à-dire dès le 29 mars. Les cours sont suspendus dans tous les établissements scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la 1re maternelle à la 7e secondaire à partir du lundi 29 mars.

Concernant l’enseignement supérieur, si les cours ne sont pas annulés, ils devront être organisés en distanciel à 100%.


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"L’objectif est de pouvoir ouvrir les écoles à partir du 19 avril. Les taux de contamination chez les jeunes sont très élevés et les enfants contaminent les parents qui peuvent contaminer d’autres personnes", a justifié Alexander De Croo.

Il s’agit donc d’une prolongation des vacances de printemps, à l’instar de ce qui avait été décidé pour les vacances d’automne. "Cela nous avait aidés à mieux combattre une situation qui était difficile à ce moment-là", a indiqué le Premier ministre.

Rassemblements extérieurs et stages

Après avoir été élargi, le nombre de personnes autorisées à se rencontrer à l’intérieur est à nouveau réduit. Exit les rassemblements à dix personnes autorisés il y a moins d’un mois, c’est désormais à nouveau le quota de quatre personnes maximum rassemblées à l’extérieur (enfants non compris) qui sera la règle.

En ce qui concerne les camps de jeunes et les stages, ils restent autorisés en petit groupe de maximum 10 enfants, sans nuitée, et en extérieur pour les plus de 12 ans.

Ce qui ne change pas

Les voyages non-essentiels restent interdits : pas de changement concernant l’interdiction des voyages non-essentiels. Le Premier ministre a toutefois annoncé que les contrôles seraient renforcés aux frontières entre la Belgique et ses pays frontaliers à l’approche des vacances de printemps. Statu quo également pour les déplacements intérieurs à la Belgique qui sont toujours autorisés sans restriction.

Le non-respect du télétravail dans le viseur : Alexander De Croo a rappelé l’importance du respect de l’obligation du télétravail. Le travail à domicile reste la norme lorsque c’est possible. "Il y aura des contrôles supplémentaires", a-t-il précisé. Le chef d’État a aussi évoqué "des sanctions plus sévères si l’obligation du télétravail n’est pas respectée".

Le couvre-feu maintenu : l’interdiction de déplacement homogène entre la Wallonie et la Flandre minuit et 5h reste en vigueur. Il s’agit cependant d’une base fédérale, rendue plus stricte en Région bruxellois où les sorties sont proscrites entre 22h et 6h.

Des choix politiques

Plusieurs experts préconisaient des décisions fortes afin de pouvoir faire redescendre les taux de contaminations et envisager sereinement les assouplissements prévus après Pâques (pour l’enseignement) et en mai (pour l’Horeca). Toutes ces échéances ont été reprises dans le calendrier des assouplissements dévoilé par les autorités belges à l’issue d’un autre comité de concertation le 5 mars.


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Pourtant, le Premier ministre a insisté sur l’imprévisibilité du Covid-19, qui a "remis les pieds sur terre" à un grand nombre de personnes. "C’est une grande leçon d’humilité, pour les politiciens, pour les experts, pour nous tous. C’est notre tendance naturelle de planifier mais on a vu que c’est la tendance naturelle du virus de rendre cette planification difficile", a-t-il déploré.

L’appel à prendre des mesures "décisives" du secteur hospitalier a donc été plutôt entendu. Le libéral a clôturé l’annonce de ces nouvelles décisions qui risquent de faire couler beaucoup d’encre en évoquant l’ambition des autorités pour les prochaines semaines. "L’objectif reste le même, c’est de passer un été plus léger et c’est à portée de main", a-t-il rappelé. "Mais je suis convaincu que le chemin à prendre est un chemin à deux éléments : continuer la vaccination et respecter les règles."

L’espoir de la vaccination

Le Premier ministre a aussi évoqué une "situation un peu différente par rapport à il y a quelques mois", due à l’accélération de la campagne de vaccination de notre pays. Il a aussi partagé l’espoir des autorités que les personnes de 65 ans et plus, ainsi que celles atteintes de comorbidité aient eu l’opportunité de recevoir leurs injections à l’horizon de la fin du mois de mai.

"Et cela a un impact sur nos hôpitaux", s’est félicité Alexander De Croo. Pour illustrer son propos, il a mis l’accent sur la situation dans les maisons de repos, dont les résidents ont été prioritaires dans le déroulement de la campagne.


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Il a mentionné un taux d’hospitalisation en chute 70% parmi les résidents de ces maisons depuis le top départ de l’administration du vaccin en Belgique. Toujours selon le Premier ministre, les décès y ont quant à eux été réduits de 85%.

Journal télévisé de 19h30 le 24/03 :

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