Echec du tracing en Wallonie ? Deux noms et demi en moyenne communiqués, recense l'AViQ

Cédric Charron, directeur du service informatique à l’AViQ, l’agence wallonne pour une vie de qualité ne dresse pas un constat d'"échec". Mais le tracing, qui doit permettre aux autorités du pays de retracer tous les contacts des personnes malades du Covid-19 s’apparente aujourd’hui à un "refus de collaboration" des citoyens, a-t-il dit ce mardi soir dans "Questions en Prime" sur la Une.

Il y a une démarche assez intrusive

"Effectivement", le tracing est une "démarche particulière, de prise de contacts avec des patients" qui doivent accepter que les autorités entrent "dans leur vie privée". "On va essayer de collecter des informations au maximum sur les personnes qu’ils ont rencontrées, deux jours avant, sept jours après leurs symptômes… Il y a une démarche quand même assez intrusive."

Aujourd’hui, l’AViQ enregistre un taux de 2% de refus de collaboration. "C’est très peu. Et on a quand même 98% qui participent à ce tracing."

Les citoyens se posent des questions

Ceux qui acceptent de participer à la démarche reviennent toutefois avec des interrogations. "On a des remontées", admet Cédric Charron. Les citoyens "se posent des questions […] dues à un manque d’informations. Le processus de tracing est assez compliqué. Le citoyen n’est pas toujours informé. Si, aujourd’hui, on veut favoriser le succès de ce tracing, c’est par de la communication auprès des citoyens essentiellement."

Si 98% des citoyens contactés par l’agence wallonne participent, les réponses ne sont pas toujours complètes. "Le but n’est pas d’interroger les personnes contaminées qui sont déjà protégées par leur médecin généraliste qui les a déjà conseillées. L’objectif est de retrouver un maximum de personnes qui ont été en contact et de protéger ces personnes-là". A savoir proches, famille, collègues…

Peu mais assez logique en phase 2 du déconfinement

"Aujourd’hui, sur les sept derniers jours, on a eu en moyenne 2,5 contacts par patient positif. Certains diront que c’est peu." Mais les sept derniers jours, le pays était encore en phase 2 du déconfinement. "C’est assez logique", dit Cédric Charron. "On avait quand même un entourage assez limité dans les contacts qu’on pouvait avoir." Des contacts avec lesquels des gestes barrières et des distances ont été mises en place. "Cela me semble donc assez logique qu’on ne soit pas aujourd’hui à dix contacts."

Deux noms et demi : cela reste moins que la première bulle familiale fixée à quatre personnes. Pour Catherine Linard, géographe de la santé à l’UNamur, "c’est difficile de juger puisqu’il y a une partie de la population qui est isolée et qui a probablement peu de contacts, d’autres qui en ont sans doute plus. Ce chiffre de 2,5 paraît assez faible. On va voir si ça évolue (maintenant) avec la phase 3."

Un tracing électronique en complément

Pour Cédric Charron, enfin, le tracing des personnes ayant participé aux rassemblements de dimanche contre le racisme et les violences policières, sera compliqué. "Le tracing est basé sur une déclaration sur base volontaire. Mais pour pouvoir déclarer ce contact, il faut avoir un minimum d’informations sur ce contact." Souci, donc, pour des participants à une manifestation avec "ce tracing manuel".

Dès lors, une application digitale serait-elle nécessaire, sans l’intervention volontaire du malade ? "C’est en cours de discussion. Ce serait une solution. Je ne dis pas que c’est LA solution". L’application viendrait en complément du "tracing manuel actuel."

Actuellement, 500 personnes travaillent au tracing. Un nombre trop important selon l’AViQ  qui suivait les recommandations des experts. Avec l’accalmie dans l’évolution de l’épidémie, "on est en phase de 'déstaffing', on réduit les effectifs." Cela va se poursuivre "de manière importante dans les semaines qui viennent".

 

 

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