Echec des négociations bpost-PostNL: De Croo blâme Jean-Pascal Labille

L'ancien ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS), a été fortement critiqué pour ses révélations sur un rapprochement entre bpost et un opérateur européen, qui auraient conduit à l'échec de négociations sur un projet de fusion entre bpost et PostNL. "M. Labille a sorti cette information vendredi dernier avec le seul but de provoquer une grève chez Bpost ce qui n’était pas du tout nécessaire", a notamment commenté le ministre des Entreprises publiques, Alexander De Croo (Open Vld), sur nos ondes.

Selon Alexander De Croo, son prédécesseur porte une lourde responsabilité dans l'échec des négociations.

"Il est clair que les déclarations de Jean-Pascal Labille n’ont pas aidé. Ce sont des discussions quand même très sensibles et, à ce moment-là, tout est sorti",  a expliqué le ministre fédéral. "L’information sortie était fausse, mais tout de suite après plein de choses sont sorties et il y a eu une réaction très très crispée aux Pays-Bas. C’est clair qu’il y avait encore des points de blocage qu’on aurait pu résoudre si on avait discuté une semaine de plus, pas en public, mais là, la réaction a été très crispée et donc ça a échoué".

Bart De Wever a, lui aussi, critiqué l'attitude de l'ancien ministre socialiste en l'accusant de "jouer avec notre prospérité" et de "détruire des emplois". Il a été bien vite relayé par Theo Francken qui dit dans un tweet: " Empêcher une négociation publique quant on est responsable francophone d'une mutuelle, 'il faut le faire'".

Labille surpris

L'ancien ministre des Entreprises publiques Jean-Pascal Labille (PS) s'est dit surpris par les déclarations de son successeur Alexander De Croo (Open Vld) qui pointe du doigt sa responsabilité dans l'échec des négociations de rapprochement entre bpost et le néerlandais PostNL: "Essayer de faire croire qu'une petite phrase de dix secondes puisse faire capoter une négociation en cours depuis plusieurs mois, c'est un peu trop court", a déclaré Pascal Labille à Belga.

"Mes propos n'étaient pas liés à un rachat ou une reprise (impliquant les néerlandais de PostNL), ce qui aurait été une très bonne chose. J'ai voulu alerter sur une remise en cause du statut public de bpost si l'Etat descendait en dessous des 50%" de participations, a ajouté Pascal Labille.

A ses yeux, la responsabilité de l'échec du rapprochement doit être recherchée chez d'autres acteurs du dossier, mais pas dans son chef. "Je ne suis pas dans le dossier", a-t-il martelé.

L'ancien ministre réfute avoir appelé à la grève comme l'ont affirmé certains membres du gouvernement fédéral. "Les syndicats n'ont besoin de personne pour décider de débrayer". Quant à la suspension du cours de bourse de bpost, elle aurait de toutes façons eu lieu dans le cadre du rapprochement des deux structures, selon lui.

Il souligne que son but était d'insister sur l'importance de la concertation avec les entreprises publiques et sur le rôle de l'Etat. Concernant les mouvements sociaux, "il faut reprendre de la hauteur, se concerter et négocier".

La participation de l'Etat belge serait bien passée en-dessous des 50%

M. Labille avait révélé vendredi sur la RTBF qu'un rapprochement était en cours avec un opérateur européen, sans le nommer. "Dans peu de temps, la poste va perdre son statut d'entreprise publique", avait-il déclaré sur les ondes de La Première, ajoutant qu'il s'agissait d'une "question d'heures". Selon lui, l'Etat belge envisageait de céder une dizaine de pour cent du capital (51,04%) qu'il détenait dans bpost.

"Je ne sais pas quel était son but, mais la plus grande discrétion est de mise dans de tels dossiers. Ses déclarations étaient totalement déplacées, et il le sait", a déclaré le CEO de bpost, Koen Van Gerven dimanche soir.

Alexander De Croo estime pour sa part que son prédécesseur porte une "énorme responsabilité" dans l'échec des négociations. "Il existe des règles et des lois concernant la divulgation d'informations privilégiées. Ces lois sont valables pour tous", a insisté M. De Croo.

Jean-Pascal Labille a également été la cible de critiques féroces de plusieurs députés N-VA sur Twitter.

Bpost voulait acquérir la totalité des actions de PostNL en échange de cash et d'actions bpost, ce qui aurait signifié que l'Etat belge aurait bel et bien vu passer sa participation dans l'entreprise sous la barre des 50%, un scénario que le gouvernement avait autorisé. Il n'était toutefois pas question d'une vente des actions de l'Etat, avait précisé Alexander De Croo vendredi.

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