Echauffourées à Bruxelles: "Beaucoup d'acteurs de terrain s'y attendaient"

Emeutes dans le Quartier Louise le 25 novembre
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Emeutes dans le Quartier Louise le 25 novembre - © Tous droits réservés

Bruxelles vient de connaître trois flambées de violences dans trois quartiers différents. Ces échauffourées ont elles des points communs ? Le bourgmestre d’Etterbeek, Vincent Dewolf (MR), et le Délégué général aux droits de l’enfant, Bernard Devos, ont échangé leur point de vue dans Soir Première.

Pour Bernard Devos, "il y a, à tort ou à raison, dans une partie de la jeunesse un sentiment d’injustice. Et les flambées de violence qu’on a connues, beaucoup d’acteurs de terrain s’y attendaient.

Ce qui m’a plu, après les premiers événements, c’est d’entendre les politiques dire qu’on a avait affaire à des gamins mal éduqués. Et c’est là que le bât blesse. Il faut des crèches. Le taux de couverture à Bruxelles est insuffisant. Pour moi, tout commence par là. Ensuite il faut une politique éducative de qualité, une école plus égalitaire et des loisirs de qualité et accessibles. C’est par là qu’il faut commencer…"

Le bourgmestre d’Etterbeek trouve ce lien entre le taux de couverture des crèches et les derniers événements excessif. "Qui sont ces jeunes ? On ne sait pas si ce sont chaque fois les mêmes. Je ne crois pas que ce soit lié à un problème d’intégration ou de formation. Ce qui s’est passé est inacceptable. Ce n’est pas une manière démocratique de se comporter."

Vincent Dewolf lorgne quand même vers le parcours d’intégration flamand qui, selon lui, donne des résultats en Flandres et balbutie encore à Bruxelles. Bernard Devos se demande lui, si un parcours d’intégration a un sens pour de jeunes de la quatrième génération.

De la prévention à la tolérance zéro

Vincent Dewolf rappelle que, depuis les émeutes de Saint-Gilles et de Forest (en 1991), on a fait des efforts de prévention. Et ça a évité des débordements, dit-il.

Mais pour Bernard Devos, cette prévention n’en est pas une. "On est dans une logique occupationnelle. Dans certaines communes, on occupe les jeunes pour qu’ils n’occupent pas l’espace public". Vincent Dewolf voit, au contraire, dans ces activités, l’apprentissage de la socialisation et de l’éducation.

Et quand les jeunes sont passés à l’acte ? "Ces comportements asociaux, dangereux et infractionnels ne peuvent pas être tolérés. La tolérance zéro, c’est une réponse ferme et rapide", estime Vincent Dewolf.

Pour Bernard Devos, on peut arrêter ces gamins mais "il faut les arrêter de manière intelligente. J’ai l’impression qu’on veut les faire payer alors qu’il leur faut des mesures éducative fermes. Et il faudrait aussi assurer un suivi de ces jeunes passés en IPPJ."

Vincent Dewolf et Bernard Devos étaient interrogés par Arnaud Ruyssen dans Soir Première.

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