"À Votre Avis": le PTB va-t-il se mouiller?

Écart des extrêmes entre le nord et le sud après les élections communales: quel bilan ?
Écart des extrêmes entre le nord et le sud après les élections communales: quel bilan ? - © CAROLE HEYMANS - BELGA

Les écologistes sont incontestablement les grands gagnants des élections communales et provinciales de ce dimanche en Belgique. Mais le PTB fait également une grosse percée. En Flandre, on notera la victoire importante de la N-VA et de son leader, Bart De Wever, à Anvers. Le Vlaams Belang revient également sur le devant de la scène au nord du pays. 

Petit tour d'horizon...

La coprésidente d'Ecolo a pris la parole à Bruxelles pour saluer ce qu'elle décrit avec fierté comme "la vague verte" : "les écologistes ont gagné ces élections", affirme Zakia Khattabi, "nous progressons partout".

De son côté, le PTB ne veut pas mettre la charrue avant les bœufs. Pour monter dans une majorité à Liège, par exemple, il faudra, selon Raoul Heddebouw, "d’abord discuter programme. Ce sera une discussion ferme, mais on répondra à une invitation". 

On observe aussi une montée du Vlaams Belang. Forza Ninove, une liste Vlaams Belang dans cette commune de Flandre orientale, a obtenu 40% de voix. Il lui manque deux sièges pour former une majorité. Deux sièges, c'est justement ce dont dispose la N-VA.

Le PTB est donc l'un des vainqueurs du scrutin des élections communales. A Herstal, comme dans beaucoup d'autres communes, le PS se voit forcé de discuter avec le PTB, vu leur envol et par considération du signal envoyé par la population à travers les urnes. Bourgmestre de Herstal, Frédéric Daerden relate sa rencontre avec les représentants PTB de sa commune. "Ils restent méfiants", détaille-t-il.

Pour Sofie Merckx (PTB), son parti n'est pas à classer comme un extrême. "L'extrême droite cherche un coupable dans un contexte de crise, qui sont les immigrés. Nous pensons que la crise vient du fait que la richesse est mal redistribuée dans notre pays". Rik Torfs, Recteur de la KUL et ex-sénateur CD&V réagit. Pour lui le problème n'est pas la lutte contre la pauvreté, mais bien le respect de la démocratie et des droits de l'Homme. "Là où le communisme est venu au pouvoir, ça a été désastreux". Il cite l'exemple du Venezuela. "Il y a toujours une hésitation au niveau du PTB qui dit qu'il y a de bonnes intentions. Je dis non, il faut protéger la démocratie et les droits de l'Homme".

En projetant les résultats des élections du 14 octobre au niveau fédéral, il y a de quoi faire la grimace. Le graphique est plein de couleurs, mais Dave Sinardet, Politologue à la VUB, ne se montre pas alarmiste. "Depuis 2014, on peut former un gouvernement fédéral avec une minorité dans un des deux groupes linguistiques", explique-t-il. Par le passé, un équilibre linguistique devait exister, mais cela menait à des coalitions trop différenciées "et à une politique un peu molle", continue-t-il. "La nouvelle méthode permet de former des majorités cohérentes sur le plan idéologique. Ce n'est donc pas foutu, il faudra voir les résultats".  

Si la vague du PTB se concrétise aux élections fédérales, le PTB décidera-t-il de surfer dessus? Difficile d'obtenir une réponse claire. "Nous voulons voir ce que le gouvernement prévoit de faire", dit Sofie Merckx. Oui mais si le PTB rejoint la majorité, ce sont eux qui définiront la trajectoire du gouvernement. "Vous savez ce qui s'est passé en Grèce avec Syriza, vous savez ce qui s'est passé avec Ecolo dans les années 90? Nous, on veut pas faire ça, mais bien sûr, si le rapport de force y est, nous discuterons". C'est tout ce que nous en tirerons.

De son côté, Geroges-Louis Bouchez relativise l'aspect indispensable de la N-VA ainsi que la percée flagrante de la gauche et du PTB.

Alexandre Dermine (Jeunes Défi) clôture le débat en se demandant pourquoi ce n'est pas l'intérêt du citoyen qui prime sur les chamailleries de partis. "La qualité de vie baisse, le pouvoir d'achat diminue. Que proposez-vous ici à part des problématiques politiciennes? Je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi on ne travaille pas sur un projet progressiste? Il faut rester positif, et espérer un vote plus responsable et se concentrer sur les projets concrets".

Nos invités: Christos Doulkeridis, bourgmestre Ecolo d'Ixelles, Sofie Merckx, conseillère communale PTB de Charleroi, Georges Louis Bouchez, délégué général du MR, Frédéric Daerden, bourgmestre PS de Herstal, Alexandre Dermine (Jeunes Défi) et Thierry Bodson, Secrétaire général de l’Interrégionale wallonne de la FGTB.

Coté experts: Rik Torfs Recteur KUL et ex-sénateur CD&V, ainsi que Dave Sinardet, Politologue à la VUB.

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