E-Change, nouveau parti? "Pour un buzz de deux jours, cela peut casser une dynamique"

Plusieurs figures du paysage politique francophone envisagent-elles de proposer une nouvelle offre politique sous le nom d'E-Change? C'est en tout cas ce que rapportaient La Libre et la DH ce mercredi.

Ce projet émanerait ainsi d'un groupe de réflexion lancé par Jean-Michel Javaux, ancien coprésident d'Ecolo, et regroupant des personnalités de divers horizons comme Didier Gosuin, Bruno Venanzi ou encore Melchior Wathelet Jr.

Mais qu'en est-il réellement? En réponse à cette publication, Jean-Michel Javaux dément toute ambition électorale. Invité ce jeudi dans Matin Première, il s'explique. 

Tout à fait l'inverse d'un parti 

L'ancien coprésident d'Ecolo réaffirme: E-Change est un groupe de réflexion sans ambition électorale. Il tient à signaler que l'origine de projet "remonte à près d'un an, donc bien avant les affaires et même avant la montée de Macron". L'idée, dit-il, s'est formée suite une carte blanche publiée dans la presse dans laquelle trois patrons demandaient de relancer la Belgique. Le projet se forme, s'élargit: un groupe de réflexion est alors créé.

L'objectif, assure Jean-Michel Javaux, "ce n'était pas de se réunir entre anciens pour faire un coup politique, mais de créer une dynamique qui permette à des gens de discuter de projets à long terme, tout à fait l'inverse d'un parti avec des projets électoralistes à très courts termes." L'objectif était, par ailleurs, d'inclure des "citoyens, personnes qui viennent de différents milieux. Lors de la prise de contact, les personnes gens venaient du monde de l'entreprise, mais le but était de faire cela pour plusieurs sujets".

Il ajoute: "Moi j'ai toujours aimé aller discuter avec des personnes qui sont d'autres secteurs, qui viennent d'autres horizons. Cela ne signifie pas que je suis infidèle à Ecolo."

Sans étiquette partisane

"C'est important de dire qu'il ne s'agit pas de la création d'un parti politique", martèle Jean-Michel Javaux. Au contraire, dans ce climat de méfiance vis-à-vis de la politique, "on rencontre énormément de personnes qui désirent discuter politique sans nécessairement se mettre une étiquette partisane sur le dos". Et ce groupe, dit-il, devait ainsi permettre des discussions constructives "sans les contraintes d'un parti". C'est-à-dire court-termisme électoral, carcan, étiquette,... Des discussions qui, ajoute-t-il, "n'empêcheraient toutefois pas de faire des recommandations". 

Jean-Michel Javaux en est persuadé: "Il y a énormément de citoyens qui s'intéressent à la chose politique, y compris en période de mauvaise gouvernance". Cette sortie dans la presse, l'ex-coprésident d'Ecolo la regrette, "je suis un peu triste car pour un buzz de deux jours dans la presse, cela peut casser une dynamique." 

Mais il reste optimiste: "Nous sommes en contact avec différents groupes qui se créent sans qu'il y ait de responsable politique. Si ça peut permettre de faire des liens et de porter des projets qui intéresseront plus de gens à la politique, je pense que ce sera positif. Et c'est ouvert à toutes les sensibilités politiques: que ce soit des socialistes ou des libéraux, tant qu'ils ont envie de discuter et de sortir du cadre particratique, c'est tout à fait intéressant". 

Bonne gouvernance

L'ancien coprésident d'Ecolo est également revenu sur la présentation de son parti avec DéFi et Groen de plusieurs mesures sur la bonne gouvernance. "Ce n'est pas un moment banal dans l'histoire politique", déclare-t-il. "Réunir DéFi avec Groen, c'est déjà pas quelque chose de banal. Et ce qui est intéressant ici c'est qu'il y a un carnet avec des propositions qui vont très très loin."

"La gouvernance, c'est un préalable pour pouvoir bien gouverner. Et aujourd'hui," déplore Jean-Michel Javaux," le pays est gouverné par des commissions d'enquête. Pour l'instant on est plus en train de guérir que de construire." 

Selon lui, "les démarches au sein des partis sur la gouvernance seront nécessaires pour réconcilier le citoyen avec la politique. Il faut que la gouvernance ne soit pas qu'un slogan en période de campagne. C'est une nécessité si on ne veut pas arriver uniquement dans un monde d'extrêmes".

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