E-change: "Le système politique actuel invite au conflit, une source de blocages"

Edoardo Traversa, professeur à l'UCL et l’une des chevilles ouvrières du mouvement politique "E-change", était l’invité de la Première mercredi matin.

Ce mouvement existe depuis plus d'un an, "c'est un laboratoire, une plateforme d’innovation politique qui veut réinventer la démocratie, la rendre plus efficace, plus participative et préparer la nouvelle génération de demain."

"Dépasser les blocages"

Selon lui et les autres membres d’E-change, le système politique, dans lequel les partis évoluent, rencontre un certain nombre de blocages. "Des blocages que l’on veut dépasser. Pour le faire, il faut sortir du cadre, prendre le temps de la réflexion et avancer en étant le plus ouvert possible à la diversité des points de vue."

"Les institutions, le Parlement sont représentatifs mais il faut savoir que le Parlement a été inventé il y a 3 ou 4 siècle. Les choses ont évolué aussi. Pour maintenir la démocratie vivante, il faut rajouter des dimensions. On ne veut pas supprimer le Parlement, évidemment, mais le compléter avec d’autres forums pour pouvoir permettre à chacun de participer."

Changer le système de l'extérieur donc, pourtant, en tant que conseiller communal cdH à Etterbeek, il pourrait le faire de l'intérieur. 

Le système actuel invite, en quelque sorte, au conflit

"C’est ce que je fais aussi. Mais la particularité du mouvement d’avoir des personnes qui sont à la fois dans le politique et à la fois des personnes qui ne le sont pas. Le constat, au sein du mouvement, c’est qu’il faut prendre le temps de réfléchir en dehors des cadres. Le système actuel invite, en quelque sorte, au conflit. Les conflits sont sources de blocages qui font en sorte que les grands chantiers ne sont pas résolus."

Un constat amer, qui mène à dire qu’aujourd’hui les partis misent sur le conflit.

Remettre en question le système politique

"Le problème c’est que ces partis ont tendance à être récompensés pour le faire. Avec par exemple ce qu'il se passe en Italie ou en Belgique. Les partis qui se disent "anti" capitalisent sur le fait que les gens ont l’impression que la démocratie n’est pas suffisamment efficace."

Il ajoute que "l’idée n’est pas de créer un mouvement contre la politique, contre certaines femmes ou hommes. L’idée est de remettre en question le système dans lequel ces femmes et ces hommes évoluent."

Macron, un exemple "intéressant"

E-change s’articule autour de 5 piliers: émancipation, esprit d’entreprise, environnement, Europe, équité. Un rapprochement avec une vision à la Macron, "un exemple français intéressant". 

"Il a rendu possible, en France, ce qui paraissait impossible. Le modèle Macron en Belgique ne pourrait pas marcher, c’est un modèle beaucoup trop vertical. Nous sommes parfaitement horizontaux, nous ne sommes pas le mouvement d’un seul homme ou femme. Et surtout nous prenons le temps d’aller vers l’extérieur."

"Le G1000 a laissé des traces"

Aller vers l’extérieur, le défi de tout mandataire ou homme politique. Le G1000, sommet citoyen lancé en 2011, a été une source d’inspiration pour E-change, qui "a laissé des traces".

"Le G1000 montre qu’il est possible de dialoguer avec un très grand nombre de personnes et de citoyens. Nous voulons rajouter à cette dimension, d’une part, l’intervention des politiques, mais aussi des personnes qui sont actives dans les domaines en question. Avec ce triangle magique on veut créer un champ d’action pour peser sur le débat politique."

Pas un parti politique

Un mouvement politique qui veut faire de la politique à long terme mais ne veut pas se dire "parti".

"Si nous le faisons, nous rentrons dans une tout autre dynamique, une dynamique de court terme, d’élection. Nous nous prêtons au jeu de la démocratie parce que nous avons une diversité plus grande que ce qu’on retrouve dans une coalition. Toute une série de personnes n’ont aucun réflexe politique: des entrepreneurs, enseignants, journalistes, architectes. Ils sont dans une autre logique que la logique politique. C’est pour ça qu’il nous faut du temps pour que la sauce prenne."

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