Dupriez: "Le cdH change d'avis tout le temps, parfois plusieurs fois dans une même réunion"

Des négociations pour construire de nouvelles majorités en Wallonie, à Bruxelles et à la Fédération Wallonie-Bruxelles ont commencent aujourd'hui à 9 heures 30 entre le MR et le CDH, qui ont répété hier que la porte est ouverte à Écolo et à DeFI. Mais pour Ecolo, la discussion semble close, comme l'a confirmé Patrick Dupriez, co-président, interrogé par Pascal Claude dans Matin Première: "Il n'y aura pas de participation gouvernementale aujourd'hui, nous attendons pour ça les élections. Les électeurs devront se prononcer pour modifier le rapport de force qui permettra d'entamer éventuellement des négociations gouvernementales."

"Aujourd'hui, la nécessité c'est de changer le système politique. Ça fait des mois que nous sommes englués dans des scandales, Kazakhgate, Publifin, Samusocial, ISPPC, sans arrêt. Et ces scandales, ce sont les symptômes, c'est la pointe de l'iceberg d'un système politique qui dysfonctionne, qui est coûteux, qui est particratique, où les hommes et les femmes politiques trop souvent privilégient l'intérêt du parti plutôt que l'intérêt général. Et c'est ça qu'il faut changer d'urgence".

Une opportunité d'assainir notre système politique

Si Ecolo a négocié un moment, ce n'est pas pour former des majorités gouvernementales, mais "parce que le cdH Benoît Lutgen a déclenché lui-même une crise sur la thématique de la bonne gouvernance, il y a une opportunité de vraiment assainir notre système politique et il y en a besoin".

Mais les Verts n'ont pas obtenu ce qu'ils espéraient: "En 48 heures après le déclenchement de la crise, on a déposé une vingtaine de propositions. Parmi celles-là, il y a clairement l'idée d'un décumul des fonctions parlementaires avec l'exécutif local pour qu'on ait partout des parlementaires qui soient à temps plein pour l'intérêt de leur région, de leur communauté. Nous voulons aussi un vrai plafonnement des rémunérations des mandataires, un vrai plafonnement qui intègre les rémunérations privées parce qu'on voit que la plupart des grands scandales sont liés au fait que des élus confondent le travail pour l'intérêt public et leur travail pour leurs intérêts privés, parfois en s'enrichissant de façon éhontée, voire cupide dans certains cas. Nous voulons aussi, et j'en termine pour cette première série d'exemples, clairement une administration des organisations publiques qui soit dépolitisée. Les gens n'en peuvent plus de savoir que des hauts fonctionnaires, que des fonctionnaires sont d'abord liés à un parti politique avant de défendre l'intérêt général. Ça doit s'arrêter."

Sortent-ils perdants dès lors de ces négociations? "On a l'impression que les partis traditionnels se préoccupent surtout de changer de casting là où nous voulons changer en profondeur le système politique qui est coûteux, qui est inefficace, qui est trop politisé. Ça, on voulait le faire. On a été jusqu'au bout de ce qu'on pouvait faire, les autres ne nous suivent pas, ne nous suivent pas pour quelque chose qui soit à la hauteur des enjeux. On restera cohérent, mais il n'était pas question de marchander ces réformes importantes pour rétablir la confiance avec les citoyens pour une participation au gouvernement ou l'un ou l'autre poste ministériel".

Un problème de confiance envers le cdH

Même  en- dehors du gouvernement, ECOLO compte sur la pression populaire pour forcer cdH et MR à prendre les bonnes mesure: "Maxime Prévot évoquait des fausses bonnes idées, le décumul il y a 80 % de la population qui le demande. Nous continuerons à nous appuyer sur les citoyens pour faire progresser ces propositions".

Ce sont les arguments de Bart De Wever avec la calculette de Jacqueline Galant

Et quand Maxime Prévot met en garde contre le coût de ce décumul intégral, qu'il estime à 6 à 8 millions, le co-président d'ECOLO voit rouge: "Le cdH change d'avis parfois plusieurs fois pendant la même réunion et on est habitué à ça avec le cdH. Moi j'entends Maxime Prévot. Ce sont les arguments de Bart De Wever avec la calculette de Jacqueline Galant, mais à ce rythme-là, à ce compte-là, on peut aussi annuler les élections, c'est cher les élections. Ce chiffre, c'est n'importe quoi !"

Comment Maxime Prévot peut-il dire ça en ayant augmenté le nombre de ministres et la taille des cabinets?

Ecolo a fait ses comptes de son côté: "Le décumul, pour nous, ce serait quelques centaines de milliers d'euros en plus. Mais comment peut-il dire ça Maxime Prévot ? Alors qu'il est dans un gouvernement qui a augmenté le nombre de ministres alors qu'il y avait moins de partis que précédemment , qui a augmenté de 10 % la taille des cabinets ministériels, alors que depuis des années il participe à des gouvernements et des structures publiques partout, qui ont multiplié le nombre de structures, le nombre de mandataires…"

Comme Olivier Maingain (DéFi), Patrick Dupriez a évoqué un "problème de confiance à l'égard du cdH et de Benoît Lutgen": "La confiance était déjà faible, liée à nos expériences en majorité avec eux, liée au fait qu'ils ont détricoté toute une série de réformes que nous avions mises en œuvre, entre autres sur la gouvernance. Ce qu'il s'est passé ces dernières semaines, le flou, le chaos qui a été créé, ça ne crée pas de la confiance.

Newsletter info

Recevez chaque jour toutes les infos du moment

Recevoir