Duels de campagne: Willy Borsus (MR) - André Antoine (CDH)

Invités :

- Willy Borsus, chef de groupe MR au parlement wallon, tête de liste aux élections régionales dans la circonscription de Arlon-Bastogne-Marche en Famenne.

- André Antoine, ministre du Budget CDH, tête de liste aux élections régionales dans la circonscription de Nivelles.

Dette wallonne

Willy Borsus octroie la note de 3/10 au travail d’André Antoine au portefeuille du Budget : "Le montant de la dette, les certificats verts, le coût de l’énergie" sont parmi les raisons qui justifient cette sévérité aux yeux du MR.

Pour André Antoine, Willy Borsus mérite la même note pour son travail sur le banc de l’opposition au parlement wallon : 3/10. Le MR ne propose "aucune alternative crédible ; pire j’entends des contradictions. On dénonce la dette tout en proposant des réformes fiscales sans compter".

Au cours de la législature, le débat sur le montant de la dette wallonne a donné lieu à de nombreuses passes d’armes au parlement et dans les médias entre le ministre et le MR. Cette guerre des chiffres est due à une modification de qualification comptable opérée par l’Institut des comptes nationaux (ICN), selon André Antoine. "L’agence de notation Moody’s dit que la Wallonie fait mieux et passe de la perspective 'négative' à 'stable' : les marchés donnent raison" à sa politique budgétaire, selon lui.

La dette wallonne s’élève à 12,5 milliards d’euros : c’est le dernier chiffre connu de l’ICN cité par André Antoine. Cela comprend "des dépenses d’investissement qui ont été contractées il y a 10 ou 15 ans, y compris par la famille libérale", poursuit-il : "Nous sommes à l’équilibre".

Pour Willy Borsus, lorsque la dette double, il y a un problème : "Nous avons un endettement qui sera un boulet pour l’avenir ; la facture et le boomerang seront là".

Service public minimum

Faut-il instaurer un service minimum en cas de grève des transports publics ? "Nous ne le pouvons pas au niveau wallon" répond André Antoine : "Cela ne peut se faire qu’à travers un accord social, permettant des prestations limitées, notamment pour les écoliers et les travailleurs".

"C’est le discours du passé" répond Willy Borsus : "Résultat, 20 jours de grève en moyenne dans les TEC chaque année". Pour le MR, il faut intégrer des obligations de service public dans le contrat de gestion des TEC, "qui sont très lourdement financés par les deniers publics".

Pour André Antoine "on ne peut pas réquisitionner des travailleurs", qui critique la méthode "à la Kalachnikov" de Willy Borsus.

Photovoltaïque

Willy Borsus tient à ce que les Wallons qui ont placé des panneaux photovoltaïques aient ce qu’on leur a promis : "Une parole donnée est une parole qui doit être évidemment honorée. Donc vis-à-vis des producteurs de photovoltaïque, nous nous engageons à respecter les quinze ans d’octroi dans le contexte du plan Solwatt. Comment le financer ? Nous proposons un moratoire dans l’état actuel de la gestion des certificats verts en ce qui concerne l’éolien terrestre. Il ne sert à rien de priver nos concitoyens de ce à quoi ils avaient droit pour le transférer au bénéfice de quelques gros industriels qui vont installer de l’éolien partout en Wallonie, avec le concours du cdH. Il y a déjà aujourd’hui 300 éoliennes installées sur le territoire, les projets du gouvernement et acceptés par le ministre en charge de cette matière représentent 800 éoliennes supplémentaires".

André Antoine critique "le simplisme de Monsieur Borsus" qui ne tient pas compte des "contraintes européennes de 20% d’économie de CO2. Ce que nous préconisons c’est de l’éolien le long des autoroutes avec de petites éoliennes. Pour le photovoltaïque, nous nous étions engagés, à 4,5% de rentabilité sur quinze ans".

Pour le ministre cdH, "ceux qui investissent aujourd’hui dans le photovoltaïque font encore un bon investissement. Nous avons pris les mesures pour gérer la bulle. Ne tombons pas dans le simplisme qui est ‘demain on rase gratis, stop à l’éolien, stop au photovoltaïque, réquisition des travailleurs. C’est du simplisme et du manque de nuances. Ce n’est pas sérieux".

A.L. avec B. Henne

 

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