Duels de campagne: Rudy Demotte (PS) - Jean-Michel Javaux (ECOLO)

Invités :

- Rudy Demotte, ministre-président de la Région wallonne (PS), tête de liste aux élections régionales dans la circonscription de Tournai-Ath-Mouscron.

- Jean-Michel Javaux, bourgmestre d'Amay (ECOLO), dernier suppléant aux élections régionales dans la circonscription de Huy-Waremme.

Les deux hommes ne cherchent pas la polémique. Tant l'un que l'autre reconnaissent qu'il y a bien des convergences qui les rapprochent. "Sur le plan humain, c'est quelqu'un pour qui j’ai beaucoup de respect, qui a une démarche rigoureuse, qui représenté une forme d’écologie moderne, ouverte à des idées de progrès; quelqu'un dont je me sens proche, tout en ayant des lignes de démarcation", déclare le ministre président wallon.

Jean-Michel Javaux embraye: "Je ne serai pas loin: je pense que Rudy a été un capitaine d’équipe au dessus de la mêlée, il a une bonne image en Flandre, avec qui j’ai négocié à différents niveaux de pouvoir. Je voudrais aussi rappeler que c'est important une campagne, mais attention a certains excès. Parfois des slogans de campagne sont peu suivis de réalisation, comme au MR par exemple, qui dit: 'Nous devons revenir à tous les niveaux de pouvoir' (...) Parfois il faut faire passer la raison d’état avant les résultats électoraux".

Le PS a-t-il donc été un partenaire loyal pour Ecolo? La déclaration de politique gouvernementale était très ambitieuse, et la législature précédente a été assez chaotique, répond Jean-Michel Javaux. "Avec une coalition a trois c’est plus compliqué qu’à deux, c'est certain. Il y a eu des combats difficiles. Mais quand vous regardez les résultats économiques, (...) ça a permis améliorer le score des Wallons dans le PIB belge". Il souligne en outre que l'Europe a choisi, comme régions de créativité, la Toscane... et la Wallonie. "Au niveau de la gouvernance aussi, des choses qui semblaient taboues ont été réalisées. Ce n’est pas si mal en 5 ans".

Mais d'où vient alors la défiance des électeurs, mise en évidence par certains sondages? "A partir de 2008, cela a été difficile sur le plan économique", explique Rudy Demotte, qui veut plutôt mettre en évidence les bons points engrangés et la reconnaissance du travail accompli. "Au-delà de l’empathie, on a créé des conditions de redéploiement remarquables. Avec le Plan Marchal, ce sont 50 000 emplois créés ou annoncés, et c'est extraordinaire par rapport au contexte. Je en serai pas caricatural, la perception n'est pas aussi négative".

"La population attend que nous soyons capables de garder le cap", ajoute-t-il, en reconnaissant que la Wallonie produit 24% des richesses alors qu'elle représente 33% de la population belge: un score encore insuffisant.

Coûts de l'énergie: préoccupation partagée

Il faut certes un rupture, enchaine Jean-Michel Javaux. "Il faut un vrai débat sur la fiscalité. Mais ce n’est pas une fin en soi. Il va falloir faire un transfert des charges sur le travail, vers d’autres types de charges". Mais aux yeux de l'ancien président d'Ecolo, la fiscalité environnementale n'est pas censée être pérenne, et "ce n'est pas ça qui va financer la sécurité sociale et le système belge". Et de pointer les coûts de l'énergie dans le pays: "Pendant que les charges diminuent, le coût de l’énergie a augmenté de 150%. Quand Facebook décocalise, c'est en Suède, là où les coûts sociaux sont élevés. Parce qu’ils sont près de cercle polaire et ils vont faire des économies d'énergie..."

Relancer l'esprit d’entreprendre, ok, dit-il. Mais comment le faire, se demande le candidat Ecolo, si les communes, qui sont des acteurs majeurs de l’économie et de la relance via des emplois de proximité, sont mises sous pression à cause des réformes, notamment de celle sur les allocations de chômage?

Une "majorité de progrès"

"J’ai toujours été le partisan de la Wallonie au travail", déclare pour sa part Rudy Demotte. "La première rupture c'est la remise au travail, et de créer davantage de travail de qualité". Et il rejoint les préoccupations exprimées par Jean-Michel Javaux: "Je vois dans les raisons de ne pas pouvoir atteindre la compétitivité non pas les charges, mais les coûts énergétiques, et l’innovation".

S'émanciper des énergies fossiles est une priorité, explique-t-il. En soulignant un impératif pour ce faire: "Sur le plan politique, il faut avoir une vision de progrès, une majorité de progrès. Le déséquilibre, dans lequel on casse la machine sociale pour aider la machine économique, n’aiderait pas la Wallonie".

RTBF

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