Duels de campagne: Louis Michel (MR) - Olivier Maingain (FDF)

Invités :

- Louis Michel, député MR au parlement européen, tête de liste aux élections européennes -collège francophone.

- Olivier Maingain, bourgmestre de Woluwe-Saint-Lambert, député fédéral et président du FDF, tête de liste aux élections fédérales dans la circonscription de Bruxelles-Capitale.

"J’ai toujours de l’estime pour Louis Michel. Le débat se passe au niveau des idées et non des personnes". Le président du FDF l’affirme : pas de rancune vis-à-vis du membre du MR, le mouvement dont son parti s’est détaché en 2011. "Il ne m’inspire rien", répond le député européen MR. "Je n’ai aucune haine ou acrimonie par rapport à Olivier Maingain".

Antagonisme

Malgré cette entrée en matière plutôt pacifique, le ton monte rapidement entre les ex-partenaires politiques. La question de la N-VA, et de l'interview de Didier Reynders dans Le Soir, échauffe les esprits. "J’ai été le premier à dire que former une majorité avec la N-VA était mettre à mal le pays", affirme Olivier Maingain. "J’ai eu tout le monde sur le dos. Aujourd'hui, je vois que Monsieur Reynders court derrière ce discours. Mais ce qu'il exprime, c'est une préférence, et on voit que ce n’est pas assez ferme. Il tente de se justifier: il y a quelques mois, il disait 'Je vois Bart De Wever premier ministre de la Belgique'".

"Je ne suis pas contre les expressions fortes", rétorque Louis Michel. "Mais je pense qu'à certains moments, le verbe de Mr Olivier (Maingain, ndlr) contrevient à une sémantique respectueuse dans un débat politique".

"C'est peut-être là où est la divergence, et pas sur le fond : nous pensons qu’il faut accepter de dialoguer avec l’autre communauté. C’est un radicalisme mortifère si l'on croit qu’on est seul".

La réforme institutionnelle diversement appréciée

Mais Olivier Maingain réfute la critique, et veut rappeler sa présence lors des négociations institutionnelles en 2005. Il met surtout en cause les accords qui ont mené à la sixième réforme institutionnelle, des accords qui ne sauvent pas le pays, estime-t-il. "Philippe Maystadt a lui même déclaré dans la presse qu'on a engagé le principe de la scission du pays par la scission de la sécurité sociale", lorsqu'on a modifié les règles d'attribution des allocations familiales. "C'est un choix confédéraliste", affirme-t-il. Et récemment, "on a proposé un amendement pour qu'on inscrive dans la Constitution le caractère fédéral de la sécurité sociale: vous avez voté contre", dit-il à Louis Michel.

"Le problème c’est que vous affichez une série de positions dont vous savez qu’elles ne présentent aucune faisabilité politique. Vous êtes les seuls à croire pouvoir imposer à a majorité flamande des mesures extrémistes", rétorque ce dernier. "L’accord indique clairement que le prochain gouvernement sera socio-économique. Cela exclut le communautaire. C’est une grande victoire du MR". "Mais on peut scinder la sécurité sociale sans toucher à la Constitution!", s'exclame Olivier Maingain.

La N-VA au menu

"Vous parlez comme lorsqu’on ne voit que ce qu'on veut voir: on a refinancé la Région bruxelloise de 500 millions, BHV est scindé, les facilités bétonnées"; avis qu'Olivier Maingain ne partage pas: il affirme, en citant une étude, que le refinancement de Bruxelles ne se monterait qu'à 52 millions d'euros, et que les transferts de compétences auraient comme résultat un appauvrissement des Régions.

"Une des raisons du départ de mon parti du MR, c'est quand j’ai découvert que des responsables, dont Didier Reynders, allaient manger avec la N-VA. Même Charles Michel a reçu Bart De Wever au siège du MR". "(Les nouvelles déclarations), ça me fait penser aux gens qui changent d’avis parce qu'ils s’aperçoivent que les vents électoraux ne leur sont pas favorables".

"Olivier Maingain témoigne d'un radicalisme dangereux, comme à son habitude", répond Louis Michel. "Si on avait suivi Olivier Maingain, on serait dans un pays chaotique".

RTBF

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