Duel entre Philippe Lamberts (Ecolo) et Marie Arena (PS) : « Nous pouvons offrir l’asile politique aux socialistes »

Le jour du scrutin du 26 mai approche et La Première continue avec ses duels de candidats. Ce mercredi, direction le Parlement européen : l’écologiste Philippe Lamberts fait face à Marie Arena (PS). Alors qu’au niveau européen, PS et Ecolo travaillent régulièrement main dans la main pour faire adopter des lois, quelle est finalement encore la différence entre ces deux partis ?

Renforcer la famille socialiste

« Au niveau européen, on a en effet beaucoup travaillé avec les écologistes, admet Marie Arena. Ce n’est pas sur le fond que je ne voterais pas pour eux, mais c’est sur le rapport de force qu’on peut avoir au Parlement européen. » Elle explique : « La famille sociale-démocrate a aujourd’hui 185 députés européens [contre 52 pour les Verts ndlr]. Si on veut défendre le projet éco-socialiste, c’est en renforçant la famille socialiste, qui va continuer à travailler avec les écologistes. »

De son côté, l’écologiste Philippe Lamberts rétorque qu'« il n’est pas inéluctable que le groupe socialiste soit le plus grand groupe progressiste, les Verts pourraient le devenir ». Par ailleurs, dit-il, « on a beaucoup de convergences avec les socialistes belges et beaucoup de socialistes français. Mais Marie Arena est minoritaire dans son groupe. L’immense majorité du groupe sociodémocrate (regroupant les députés socialistes des 28 Etats membres) se retrouve dans le projet de la mondialisation néolibérale, qui vote le traité de libre-échange avec le Japon, avec le Canada. C’est une erreur stratégique. »

Marc Tarabella et Marie Arena se seraient sentis chez eux dans mon groupe

Et ajoute : « Je pense que Marc Tarabella, Hugues Bayet et Marie Arena se seraient sentis chez eux dans mon groupe. Si vous le souhaitez, nous pouvons offrir l’asile politique aux socialistes qui sont restés socialistes au sein du groupe des Verts. »

Pour Marie Arena, il faut continuer de travailler « sur ces convergences et les soutenir ensemble. On peut gagner en faisant ces coalitions ». Elle rappelle qu’aujourd’hui « la présidence de la Commission, du Parlement et du Conseil est PPE [parti populaire européen, conservateur ndlr.] »

De son côté, Philippe Lamberts avertit : « S’il n’y a pas la mise en place d’une majorité stable, les nationaux populistes vont être l’arbitre. On l’a vu lors de la législature précédente. Ce sont eux qui décidaient tantôt de voter avec la gauche, tantôt avec la droite. »

Et la bonne gouvernance ?

Sur le sujet de la bonne gouvernance, Philippe Lamberts refuse d’associer le PS aux 'affaires'. « Si vous mettez n’importe quel parti dans une position hégémonique pendant des décennies, il y aura des abus, souligne-t-il. On ne peut pas réduire le PS à mal gouvernance. Oui, il y a eu des cas de mal gouvernance trop nombreux à mon goût, mais je ne dirai jamais de Marie Arena qu’elle fait partie de cette culture-là. »

« Nous devons tous nous atteler à la question de la bonne gouvernance », renchérit Marie Arena. « On a fait des coalitions là-dessus au niveau européen pour, par exemple, faire en sorte que des candidats tels que M. Verhofstadt [président de l’ALDE ndlr.] ne puissent plus cumuler des salaires venant du Conseil d’administration de quatre entreprises différentes. »

Notons que la RTBF diffusera ce mercredi à 22h30 le débat des chefs de file, candidats au poste de président de la Commission européenne sur La Trois.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK