Duel entre Georges-Louis Bouchez (MR) et Marco Van Hees (PTB)

Le PTB Marco Van Hees, tête de liste à la Chambre en Hainaut et le MR, George-Louis Bouchez, porte-parole de la campagne électorale du MR, délégué général du Parti et quatrième sur la liste fédérale en Hainaut étaient ce mercredi sur La Première pour débattre de leurs propositions.

De la gratuité impayable ?

Georges-Louis Bouchez reproche au PTB de proposer une gratuité qui ne sera pas payable: « J'ai été lire le programme du PTB avant de venir et j'ai vu qu'il y a de la gratuité partout. Toutes les idées sont généreuses, mais l'enfer est pavé de bonnes intentions et ça va nous conduire à un drame en matière de dette. Je rappelle que déjà aujourd'hui, 10 milliards d'euros d'impôts des Belges servent uniquement à payer les intérêts de cette dette. Avec le PTB, rien n'est financé. Ils nous expliquent que tout va être financé par la lutte contre la fraude fiscale ou l'impôt des grosses fortunes. Mais si on additionne toutes ces mesures, je pense que ces deux impôts risquent de rapporter plus que le budget de l'État, qui est déjà de 170 milliards d'euros, parce qu'objectivement on ne peut pas mettre cette réponse à toutes les sauces. Ce n'est pas crédible ».

Marco Van Hees lui répond: « D'abord, le tout gratuit, c'est exagéré, mais je vais prendre deux exemples. On défend par exemple les consultations gratuites chez le médecin généraliste. Combien ça coûte ? Ça représente 1% du budget de l'INAMI, donc c'est très facilement payable. Il y a le modèle kiwi, qui est un modèle qu'on défend pour les médicaments, c'est-à-dire qu'on met en concurrence les firmes pharmaceutiques: on dit que pour tel médicament, on prend le médicament le moins cher à qualité égale et on rembourse uniquement celui-là. Ça marche très bien en Nouvelle-Zélande et aux Pays-Bas et ça va rapporter beaucoup plus que ne coûte la gratuité chez le médecin généraliste. Autre exemple : les transports en commun gratuits. On a calculé que les bus, métros et trams gratuits représentent 800 millions d'euros pour toute la Belgique. Les voitures de société, ce sont deux à quatre milliards d'euros. Donc, vous voyez, c'est plutôt la politique du MR qui coûte cher aux citoyens et qui a coûté très cher aux citoyens ».

Un vol de la population?

Marco Van Hees: « Ce que je trouve inacceptable dans le programme du MR, c'est que si on regarde la politique de ce gouvernement, du gouvernement Michel, Charles Michel aurait donné les manettes du gouvernement à la FEB, à la Fédération patronale, ce serait exactement la même politique. C'est un vol systématique de la population, des travailleurs. Le saut d'index, pour ne prendre que cet exemple-là, sur la carrière d'un travailleur, c'est 20 000 à 30 000 euros de pertes sur une carrière. C'est donc un vol ! C'est comme si un cambrioleur venait chez vous vous voler 25 000 euros, sauf que vous ne pouvez pas vous retourner vers les assurances ou vers la police. Cette politique est tellement grave vis-à-vis des travailleurs que la Belgique est le dernier pays, parmi tous les pays de l'OCDE, où... ce n'est pas que le salaire a le moins augmenté, mais c'est là où le salaire réel a le plus diminué. On est à -2% sur la législature 2014-2018. Aucun pays de l'OCDE — donc l'ensemble des pays riches — n'a fait aussi mal que la Belgique. Ça, c'est la conséquence de la politique du gouvernement Michel. En matière d'emploi, ce gouvernement n'a pas créé des emplois, ce gouvernement a créé des travailleurs pauvres. Les emplois précaires, mal payés, temps partiels ont explosé ».

George-Louis Bouchez: « Il faut arrêter de faire croire que c'était un pays de cocagne avant ce gouvernement et qu'on est revenu à Germinal. C'est totalement faux ! (...) Tout d'abord, le chiffre de création d'emplois de 240 000 est incontesté. Les discussions que certains analystes veulent avoir, c'est de savoir quelle est la part des mesures du gouvernement dans ce chiffre et quelle est la part due à la conjoncture. Je laisse les experts à ce genre de calcul. Moi, ce que je vois, c'est qu'aujourd'hui il y a 240 000 personnes qui ont un emploi et qui n'en avaient pas au début de ce gouvernement. (...) Quand vous dites que ce sont des travailleurs pauvres, c'est faux. Bien sûr que les salaires bruts ont baissé en Belgique. Ils ont baissé parce que c'est le principe même du tax shift. Nous avons baissé les charges sur le travail pour que l'argent dans la poche des travailleurs soit plus élevé. Le Bureau du Plan dit que le pouvoir d'achat a augmenté de 5% dans notre pays. Est-ce que c'est assez ? Non, et c'est d'ailleurs pour ça que nous proposons une nouvelle réforme fiscale de 10 milliards d'euros pour continuer à augmenter les bas et moyens revenus avec un système ».

Sur les pensions

Le président de la N-VA Bart De Wever a estimé mardi qu'on devra encore rallonger l'âge légal de la pension au-delà de 67 ans

George-Louis Bouchez: « À l'heure actuelle, la loi fixe 65 ans ; c'est 67 ans en 2030. Mais à l'heure actuelle, l'âge effectif de départ à la pension est de 61 ans. Ça prouve bien à vos auditeurs qu'en réalité tout le monde ne part pas à la date butoir. Donc, faire croire que tout le monde ira à la pension à 67 ans est faux, puisqu'à l'heure actuelle, l'immense majorité des gens ne vont pas jusqu'à 65 ans. (...) Et ce qu'oublie de dire Bart De Wever, c'est que le climax, c'est-à-dire le nombre de retraités qui va continuer à augmenter par rapport aux actifs, va s'arrêter en 2030. Ce sont les enfants du baby-boom, qui sont devenus ceux du papy-boom. À partir de 2030, ça va aller decrescendo. À l'heure actuelle, il n'est donc pas nécessaire de toucher à quoi que ce soit. Je rappelle aussi que Bart de Wever parlait à l'horizon 2070. Je pense qu'on a encore un peu de temps quand même d'ici 2070 ».

Regardez l’entièreté du débat ci-dessus.

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