Duel à fleurets mouchetés Ducarme-Tellier sur les suites de l'incendie de Rouen

Toujours pas mal d’interrogations après l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen, important site industriel classé risque Seveso complètement détruit par le feu la semaine dernière. Interrogations sur les réelles retombées bien du nuage toxique au-delà de la région rouennaise, jusqu’éventuellement chez nous. Et on pourrait dire que si les retombées de l’incendie atteignent la Belgique, ce n’est pas par une pollution avérée, mais au moins par échanges politiques interposés.

Jeudi, Denis Ducarme, ministre fédéral de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, était interpellé à la Chambre sur la sécurité alimentaire dans notre pays après cet incendie. Il avait alors indiqué avoir pris des contacts avec ses collègues de l’Environnement et de la Santé lors d’une réunion au 16 rue de la Loi. "Nous avons indiqué que le fédéral se tenait à disposition du Centre régional de crise de Wallonie. Mais nous n’avons pas reçu de demandes spécifiques à cet égard", déclarait-il, ajoutant que l’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire n’avait pas été sollicitée. Tout en jugeant pour le moment le "risque négligeable", le ministre fédéral MR se disait cependant "étonné" que les services de la ministre Tellier n’aient pas réalisé leurs propres tests en complément de ceux menés par les autorités françaises. "Je m’étonne en effet que le centre régional n’ait pas pris, et Madame Tellier également, des initiatives liées à des prélèvements, la mise en place de tests, en attendant les tests français. Je trouve ça un peu étonnant". De quoi pointer donc le manque de réaction de son homologue wallonne Ecolo.

Réponse de la bergère au berger

Des mesures de qualité de l'air (par Céline, la Cellule interrégionale de l'Environnement) ont en fait bien été effectuées en temps réel côté wallon, au moment de l'incendie et après, mais les premiers résultats se sont révélés négatifs et donc plutôt rassurants. Et dès mardi, par souci de précaution, d'autres analyses ont par ailleurs été demandées toujours côté wallon - alors que, en passant, les simulations de parcours du nuage venu de Rouen démontreraient que c'est plutôt la Flandre qui aurait été survolée !

Monsieur Ducarme est apparemment mal informé !", c’est la réplique ce vendredi matin de la ministre Céline Tellier. Non le dossier n’est pas laissé sans surveillance. Et Monsieur Ducarme qui est le seul à pouvoir activer l’Afsca ne paraît pas être au courant des dispositions déjà prises et des contacts en cours entre l’Afsca, la cellule de crise wallonne et d’autres organismes. "Dès le début, le centre de crise régional a pris contact avec l’Afsca pour voir s’il y avait lieu de prendre des mesures en lien avec l’agriculture ; c’est aussi la prérogative de l’Afsca de donner des directives en la matière. A ce stade, l’Afsca n’a pas souhaité formuler de telles mesures. A ce moment-là, la situation de la qualité de l’air a été jugée tout à fait bonne. Ensuite, dès ce mardi, j’ai demandé à l’ISSeP (Institut scientifique de Service public), l’institut qui est chargé de mesurer toute une série de données en lien avec l’environnement, de réaliser des analyses plus approfondies au niveau de l’air, de l’eau et au niveau de la qualité des sols". Il y a donc bien des analyses supplémentaires qui sont menées : "Tout à fait, ces analyses sont en cours et les résultats seront connus au début de la semaine prochaine. Nous ferons le point en début de semaine, lundi ou mardi, et c’est le gouvernement wallon dans son ensemble qui prendra des mesures si nécessaire puisque l’agriculture est touchée, la population aussi donc on doit voir l’ensemble des dispositions qui doivent être prises. A ce stade aucune autre mesure ne semble devoir être prise". Aucune mesure particulière en fait si ce n’est laver les légumes par exemple. Et de conclure : "j’invite Monsieur Ducarme à aussi faire le point avec ses services".

Ducarme piqué au vif

Piqué au vif par les déclarations de Céline Tellier, Denis Ducarme réclame ce vendredi en fin d'après-midi, dans un communiqué, "une communication beaucoup plus proactive de la part de la Région wallonne vers l'Afsca et il demande que, si des tests ont effectivement été réalisés en Wallonie, leurs résultats soient immédiatement transmis à l'agence.

Selon Denis Ducarme, le ministre de tutelle de l'Afsca, les autorités wallonnes n'ont à ce stade transmis à l'Afsca "que le résultat des tests des autorités françaises, lesquels concluent à une absence de toxicité aiguë dans l'air, une absence d'amiante et, pour l'eau potable, une absence de polluants ordinaires".

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