Droits de l'homme: félicitations pour la Belgique, mais peut mieux faire

Steven Vanackere à Genève
Steven Vanackere à Genève - © BELGA PHOTO ERIC LALMAND

La Belgique passait son grand oral sur l'état des droits de l'homme dans le pays ce lundi devant l'ONU. Quelques points noirs ont été soulignés, non sans relents communautaires. Le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte, a appelé les autorités fédérales à se concerter avec les entités fédérées dans les délais les plus brefs afin d'établir une interprétation commune du concept de minorité nationale.

La Belgique devait se soumettre lundi matin à Genève aux questions des Etats membres de l'Organisation des Nations unies lors de son premier "examen périodique universel", une procédure de vérification de l'état des droits de l'homme à laquelle chaque membre du Conseil onusien des droits de l'homme doit désormais répondre tous les quatre ans.

Le ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere a répondu, pendant trois heures, aux interpellations des représentants nationaux. Ceux-ci se sont basé sur trois rapports, l'un émanant du gouvernement belge, un autre du haut-commissariat aux droits de l'homme de l'ONU et un troisième des associations belges et internationales de défense des libertés fondamentales.

La Belgique a été félicitée des efforts accomplis. Mais plusieurs points noirs ont été soulignés: l'absence d'institution des droits de l'Homme indépendante, la surpopulation carcérale, les problèmes liés à l'asile et à la détention aux frontières, la lutte contre les abus faits aux enfants et contre la pornographie infantile.

Rudy Demotte appelle à une concertation belge sur les minorités nationales

Plusieurs pays (Canada, de la Fédération de Russie et Slovénie) avaient demandé à ce que la Convention cadre sur les minorités soit adoptée.
Certains pays ont insisté sur le problème de la discrimination envers les minorités, sans précision supplémentaire. Les problèmes communautaires n'ont donc pas été absents des débats à Genève.

A ce jour, la Belgique a signé la convention mais aucun parlement ne l'a ratifiée en l'absence de définition commune de minorité nationale, la notion étant interprétée très différemment par les responsables politiques flamands et francophones. 

Cette demande "atteste effectivement du fait que la protection des minorités relève indubitablement du champ d'application des droits de l'homme. Ce que la Fédération Wallonie-Bruxelles n'a cessé de pointer au cours de ces dernières anées", a souligné Rudy Demotte. Et d'ajouter: "Elle contribue en outre à relayer, au niveau international cette fois, la demande formulée à de nombreuses reprises par la Fédération Wallonie-Bruxelles de ratifier dans les plus brefs délais cette convention-cadre".

J.C., avec Baudouin Remy



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