Dries Van Langenhove à Paris pour une manifestation du groupe de Génération identitaire, un voyage essentiel ?

Dries Van Langenhove, député belge, présent à la manifestation de "Génération identitaire" à Paris
Dries Van Langenhove, député belge, présent à la manifestation de "Génération identitaire" à Paris - © BERTRAND GUAY - AFP

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi après-midi à Paris pour protester contre l’éventuelle dissolution du mouvement français d’extrême droite Génération identitaire.

Basée à Lyon, cette association loi 1901 avait pris la succession en 2012 de la branche jeunesse du groupuscule Bloc identitaire, aujourd’hui inactif – lui-même émanait d’Unité radicale, groupe dissous après la tentative d’assassinat sur Jacques Chirac, le 14 juillet 2002, par l’un de ses membres, Maxime Brunerie.

Qu’est-ce que "Génération Identitaire" ?

Le groupe radical, très actif sur les réseaux sociaux, se définit "comme la première ligne de la résistance" face à "la racaille", à "l’uniformisation des peuples et des cultures", au "raz de marée de l’immigration massive". "Notre idéal est la reconquête et nous la mènerons jusqu’au bout", plaide l’organisation qui aspire à mobiliser "à travers toute l’Europe".

Sa dissolution a été évoquée pour la première fois le 26 janvier par le ministre français de l’Intérieur Gérald Darmanin qui s’est dit "scandalisé" par une opération anti-migrants du groupuscule d’extrême droite dans les Pyrénées.

Génération Identitaire proche de la dissolution

Le ministère de l’Intérieur, qui reproche à Génération Identitaire un discours de haine assumé et son organisation en milice, a engagé la procédure de dissolution du groupe d’extrême droite, réclamée de longue date par plusieurs associations et partis politiques. Le 13 février, Darmanin a annoncé avoir engagé la procédure de dissolution du groupe, donnant 10 jours à l’organisation pour faire valoir ses arguments.

Des manifestants se sont donc rassemblés samedi après-midi à Paris pour protester et parmi les manifestants, figurait le député belge, Dries Van Langenhove (Vlaams Belang), fondateur de l’association de jeunes d’extrême droite Schild & Vrienden. Dries Van Langenhove a fait le voyage jusqu’à Paris alors que les voyages non essentiels vers l’étranger sont interdits pour les personnes ayant leur résidence principale en Belgique.

Un voyage essentiel ?

Selon le député Vlaams Belang, interrogé par l’agence Belga, se rendre à Paris était un déplacement essentiel. "J’ai, en tant que député, une série de devoirs à remplir", se justifie Dries Van Langenhove, qui précise qu’il se mettra en quarantaine s’il devait présenter des symptômes. Van Langenhove est visible sur des photos de la manifestation à Paris, aux côtés d’autres manifestants, avec un pull portant le logo de l’organisation "Schild & Vrienden".

Le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, a défendu le déplacement du député Dries Van Langenhove à Paris pour participer à une manifestation contre l'éventuelle dissolution du mouvement d'extrême droite Génération Identitaire. "Défendre la liberté d'expression est toujours essentiel", répond-il à la critique selon laquelle le voyage de son comparse de parti contredirait l'interdiction des voyages non essentiels.

la Ministre de l'Intérieur n'est pas du même avis

Dans l'après-midi ce dimanche, la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden, n'est pas du même avis. Elle a estimé que la participation à une manifestation à l'étranger, comme ce qu'a fait Dries Van Langenhove samedi à Paris, n'est pas à proprement parler un motif "essentiel" qui justifierait de voyager malgré l'interdiction des déplacements de loisirs. En tant qu'élu, le jeune homme a d'ailleurs une fonction d'exemple, a réagi la ministre via sa porte-parole.

Le député, élu sur une liste Vlaams Belang, a fait fi de l'interdiction des voyages non-essentiels vers l'étranger pour se rendre à Paris, participer samedi à une manifestation contre la possible dissolution du mouvement d'extrême droite "Génération identitaire".

D'autres personnes arborant des symboles de son mouvement Schild & Vrienden s'y trouvaient aussi. Interrogée sur le sujet, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a indiqué dimanche qu'un tel voyage n'est selon elle pas "essentiel", et que l'élu est tenu, comme tout le monde, de respecter les règles en vigueur actuellement. "."S'il n'est pas d'accord, il peut lancer le débat au parlement".    

Le même jour, le principal intéressé a indiqué dans le cadre du JT de VTM qu'il se plaçait en quarantaine "pour rassurer ceux qui s'inquiètent".

Van Grieken monte au créneau

Van Grieken a déclaré à la VRT qu'il avait été informé avant le voyage par Dries Van Langenhove, le chef de Schild & Vrienden élu sur une liste du Vlaams Belang. "Je n'ai aucun problème avec cela. Notre liberté d'expression est sous pression. Nous ne sommes plus autorisés à nous réunir comme nous le voulons. Nous sommes à peine autorisés à partager quoi que ce soit sur les réseaux sociaux. Cela me semble essentiel". Sur Twitter, Tom Van Grieken dénonce l'attitude des médias.

Selon lui, ils réagissent à peine quand quelqu'un franchit la frontière pour aller chez le coiffeur ou dans un commerce mais se cabrent quand on passe la frontière pour défendre la liberté d'expression. "La censure est à la hausse, mais le quatrième pouvoir est endormi", écrit-il. Dries Van Langenhove lui-même a prétendu samedi que son déplacement à Paris était un déplacement essentiel. "En tant que représentant du peuple, j'ai un certain nombre de tâches à accomplir", affirme-t-il. Van Langenhove était visible sur des images de la manifestation, derrière une banderole, à côté d'autres manifestants avec le logo de son organisation Schild & Vrienden sur le torse. Au total, selon l'AFP, des centaines de personnes ont pris part à la manifestation.

 

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