Dossier éolien en Wallonie: "Des craintes totalement démesurées"

Dossier éolien en Wallonie: "Des craintes totalement démesurées"
Dossier éolien en Wallonie: "Des craintes totalement démesurées" - © Tous droits réservés

L'enquête publique sur le projet de cartographie et de cadre éolien en Wallonie doit se terminer dans les prochains jours. Le ministre de l'Aménagement du territoire Philippe Henry (Ecolo) affirme qu'il tiendra compte de l'ensemble des remarques. Mais pour lui, certaines craintes sont parfois totalement démesurées.

"C'est vrai que cela suscite certaines craintes, qui sont aussi parfois totalement démesurées par rapport à certains slogans que j'ai vu, certaines expressions", dit-il, mais s'il y a des oppositions très fortes, "en réalité 80% de la population est favorable à l'éolien".

Et de poursuivre : "Ils ont des questions par rapport à la manière de l'implanter, il y a des préférences pour les mettre le long des autoroutes, il faut respecter des distances à l'habitat. C'est ce que nous avons voulu faire en modifiant les conditions avant l'enquête publique, justement pour intégrer toutes ces demandes. Et donc, certes, quelques lobbies crient très fort en clamant n'importe quoi, mais il y a aussi un soutien de la population sur le principe du développement du renouvelable".

"Le problème c'est qu'il faut aussi avoir une approche d'intérêt général, que pour l'intérêt général wallon, il y a un vrai intérêt en jeu à développer le renouvelable, de manière raisonnée, bien située, en tenant compte de toutes les contraintes, bien entendu, mais aussi en créant de l'emploi et en se réappropriant notre énergie".

"Toujours à plus de 400 mètres" des maisons

Le ministre de l'Aménagement du territoire affirme que son objectif est d'installer des éoliennes "aux meilleurs endroits par rapport à la fois aux nuisances potentielles, à l'éloignement des maisons et par rapport à la localisation du vent".

Le problème, dit-il, c'est qu'"il y a beaucoup d'endroits où on ne sait pas mettre d'éoliennes". Les maisons sont trop dispersées sur le territoire wallon et il y a les contraintes de l'aviation. En d'autres termes, "nous n'avons pas fait de choix politique de localisation, nous avons simplement mis sur une carte les endroits où il est encore possible d'y en mettre en tenant compte de tout ça".

Mais il assure que ces éoliennes seront installées "toujours à plus de 400 mètres (...) et très souvent, ce sera beaucoup plus que ça. En tout cas par rapport à la zone de l'habitat, on sera à quatre fois la hauteur de l'éolienne, donc à 600 mètres". Il affirme aussi que "des études locales montrent que les nuisances sont acceptables. Sinon, le projet sera refusé".

L'expropriation, une ultime étape

Philippe Henry reconnaît toutefois que "pour certaines maisons isolées, très localement, il y ait des situations particulières mais alors on peut aussi prendre des mesures particulières".

Est-ce que cela veut dire qu'il y aura des expropriations ? Pas pour des maisons et des jardins, dit-il. Par contre, cela pourrait concerner des "terrains de très grande envergure où il y a un potentiel très important pour développer l'éolien et où de grands propriétaires terriens, éventuellement, s'y opposeraient. Mais c'est la dernière étape qui n'est envisageable que si on a pas pu localiser mieux les éoliennes".

Pas de crainte à avoir pour le prix de l'immobilier

L'argument selon lequel le prix de l'immobilier va baisser avec l'implantation de ces éoliennes est une "crainte infondée", dit-il. "En réalité, pour l'éolien, il y a parfois une baisse légère au moment de la construction du parc éolien et ensuite, toutes les études qui ont été menées dans différents pays, dans différentes régions, arrivent à la même conclusion : c'est qu'une fois que les éoliennes sont en fonctionnement, il n'y a plus de baisse de valeur de l'immobilier, on revient au prix du marché normal".

Une affirmation confirmée par un sondage qui vient de paraître sur l'acceptation de l'éolien, assure-t-il. "C'est confirmé par le fait que les voisins, les riverains de parcs éoliens sont encore plus favorables, un tout petit peu plus favorables (82%), au développement de l'éolien, que le reste de la population. Donc il y a clairement l'expérience. La proximité fait qu’on se rend compte que cela ne produit pas les nuisances que l'on dit".

Une bulle spéculative, comme le photovoltaïque ?

Pour le ministre écologiste, on n'a rien à craindre à ce niveau-là, "car on n'est pas sur le même ordre de grandeur. Pour le photovoltaïque, on a eu sept certificats verts pour le mégawattheure, on est pour l'éolien à moins d'un certificat vert maintenant, et surtout, il y a une planification dans le temps".

En d'autres termes, il assure que la carte de l'enquête publique "montre le développement tout à fait maîtrisé de l'éolien avec des décisions des pouvoirs publics pour octroyer ou non les parcs année après année. Ce qui s'est passé avec le photovoltaïque c'est qu'il y a eu une croissance exponentielle parce que cela a été seulement l'investissement individuel des personnes sur base d'un rendement disproportionné en réalité".

C. Biourge

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