Dossier Abdeslam: plainte de l'inspecteur de Malines contre ses supérieurs

Salah Abdeslam escorté par la police lors de son transfert vers le Palais de Justice de Bruxelles
Salah Abdeslam escorté par la police lors de son transfert vers le Palais de Justice de Bruxelles - © DOMINIQUE FAGET - AFP

Hamid A., l'inspecteur de Malines qui avait reçu un "tuyau" en novembre qui aurait pu conduire à la dernière planque de Salah Abdeslam, a déposé plainte contre ses supérieurs.

Fin novembre, Hamid A. avait reçu une information selon laquelle Abid Aberkan, un neveu de Salah Abdeslam, était probablement en cours de radicalisation. Il a dressé un rapport informatique dans lequel il a établi le lien entre les deux hommes, mais cette information n'a donné lieu à aucune suite car jugée non fiable par sa hiérarchie.  Pourtant, le "79 rue des quatre vents" est communiqué comme le domicile de la mère d’Aberkan, endroit où Salah Abdeslam sera arrêté quatre mois plus tard. Mais cette information n'a jamais été versées dans la banque de données que tous les policiers du pays peuvent consulter. Pourtant, Hamid A. dispose de tous les agréments de sécurité en matière de lutte anti-terrorisme.  Il pointe alors la responsabilité de son chef de corps qui n'a pas pris son travail en considération.  "Mon client a également fourni des informations sur d'autres dossiers terroristes.  Quelque chose ne fonctionne donc pas normalement dans la zone de police de Malines", explique  son avocat Abderrahim Lahlali.

"Je suis grillé parmi mes sources et mes collègues à la police me regardent de travers"

L'inspecteur se dit menacé par des djihadistes depuis que l'information selon laquelle il a dressé ce rapport est sortie dans la presse fin mars. "J'ai peur, ma vie est devenue un calvaire. Je suis grillé parmi mes sources et mes collègues à la police me regardent de travers. J'ai toujours été fier de mon travail, mais le chef de corps m'a transformé en paria", explique-t-il.

Hamid A. s'est constitué partie civile et a déposé plainte contre son chef de corps Yves Bogaerts et un haut commissaire pour diffamation et harcèlement sur le lieu de travail. Il déposera également plainte auprès du Comité P.  Un juge d’instruction devra déterminer s'il y a eu intention de nuire au travail du policier; avec comme éventuelle conséquence une rétention d’informations dans le dossier des attentats de Paris.

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