Dominique Monami: "Il y a toujours une fracture entre francophones et néerlandophones, il faut penser belge"

Dominique Monami est également capitaine de l'équipe de Belgique de Fed Cup.
Dominique Monami est également capitaine de l'équipe de Belgique de Fed Cup. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

La Belgique retient son souffle, à l’approche de cette finale de Coupe Davis. Au micro de Matin Première, Dominique Monami, administratrice du Comité Olympique et Interfédéral belge (COIB) et ancienne numéro un belge revient sur les moyens financiers octroyés au tennis et sur les chances pour les Belges de rentrer victorieux de Lille.

"On peut battre la France. On a des joueurs excellents qui sont super bons en Coupe Davis, on l'a vu de nombreuses fois avec Steve Darcis. On peut aussi compter sur le nouveau numéro un belge qui a joué la finale des Masters et qui a battu les numéros 1 et 2 mondiaux. Je suis donc convaincue que nous avons toutes les cartes en main pour gagner."

Alors que la pression est grande pour les Français qui, en plus de jouer à domicile, courent après cette Coupe depuis des années. "Nous n'avons qu'à essayer de profiter de la situation et tenter de jouer sur cet aspect-là."

27 fois plus de moyens

Si en termes de qualités sportives la Belgique a toutes ses chances face à la France, elle ne démarre pas avec les mêmes avantages en termes de moyens financiers. En effet, le tennis français c'est 27 fois plus de moyens que le belge. Une différence énorme que Dominique Monami explique notamment par la séparation des fédérations. "De plus en plus, les budgets que l'on octroie au sport sont ridicules. Pas pour les joueurs de haut niveau mais pour les jeunes, quand on détecte des talents. Le sport est pris à la légère par les ministres alors qu'on devrait en faire une priorité. Il a de belles valeurs et permet aux jeunes de se développer sur d'autres compétences."

Par exemple, en Flandre, le budget s'est vu diminué de 20 pourcent cette année. "On peut être créatif, mais la créativité à des limites" ironise l'ancienne championne.

Si les sommes que reçoivent les professionnels en cas de victoires sont énormes, un million d'euros octroyé à David Goffin pour avoir fini deuxième aux Masters de Londres, pas un centime n'est réinjecté dans le tennis amateur.

Ceci étant, les victoires des sportifs belges ont tout de même un impact positif sur le milieu. "Le fait d'avoir de grands joueurs comme David, Justine ou Kim, ça créé une émulsion et ça donne envie aux jeunes de jouer. Ils s'identifient et plus de joueurs ça signifie plus d'affiliations."

"Penser belge"

Aussi, Dominique Monami insiste sur le fait que les moyens accordés aux joueurs de tennis professionnels ont tout de même évolués. "Avant, il y avait un entraîneur qui s'occupait de la condition physique, massait de temps en temps son joueur, gérait le stretching, etc. Ce temps n'existe plus. Maintenant, il y a vraiment une équipe derrière le joueur." Equipe qu'il doit cependant financer seul.

Une fois n'est pas coutume, ce qui manque selon Dominique Monami, c'est une structure nationale. "Il y a toujours une fracture entre francophones et néerlandophones". Une solution qui permettrait, par exemple, de mieux répartir les budgets et "de penser belge".

Enfin, l'ancienne numéro un  nuance. "Federer disait que les Français avaient trop de moyens et que c'était trop facile. Quand on en a pas assez, on a la hargne. Quand on en a trop, ça créé peut-être un peu moins d'efforts. Il faut un mélange des deux." Un juste milieu qui, pour le moment, n'est pas encore acquis. 

 

 

 

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