Doel 1 et 2 seront résistantes aux séismes en 2025... année prévue de leur fermeture

Doel 1 et 2 sûres en 2025... au moment de leur fermeture ?
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Doel 1 et 2 sûres en 2025... au moment de leur fermeture ? - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Quand les centrales de Doel 1 et 2 seront-elles vraiment prêtes à respecter les nouvelles normes sismiques européennes? En début de semaine, Le Soir révélait que ces normes, fixées en 2014, pour s'assurer que les centrales pouvaient résister à un tremblement de terre, n'étaient pas d'application chez nous. Elles ne le seront qu'en 2017. Et selon des documents issus de l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), il apparaît que les travaux nécessaires au renforcement des centrales ne seront achevés "au plus tard" qu'en 2025... Soit l'année prévue pour la fermeture de nos centrales. 

En début de semaine, Le Soir révélait en effet que les réacteurs de Doel 1 et Doel 2 ne respectaient pas les nouvelles normes sismiques européennes définies en 2014 post-Fukushima par l'association des régulateurs européens (WENRA) - dont l'Agence fédérale de contrôle nucléaire fait partie. Elles ne le seront qu'en 2017 après publication de l'arrêté royal qui les intègre en droit belge.

Mais malgré tout, l'AFCN a donné son feu vert pour une prolongation de 10 ans des deux réacteurs. Avec des travaux de mise à jour, imposés à Electrabel l'exploitant, qui ne prévoyaient à l'origine pas de renforcement du site en cas de séisme. Selon les nouvelles normes, une centrale doit pouvoir faire face à une accélération de 0,1 g en cas de séisme. Or, Doel 1 et 2 sont aujourd'hui dimensionnées pour reprendre des efforts horizontaux de seulement 0,058 g.

Des documents internes de l'AFCN de février 2016

Et voilà que l'on découvre, que le 3 février 2016, lors d'une réunion commune entre l'AFCN, l'ANVS (pour "Autoriteit Nucleaire Veiligheid en Stralingsbescherming" son homologue des Pays-Bas) et Bel V (la filiale de l'AFCN chargée des vérifications techniques de sécurité), il est bien question de "booster" les réacteurs de Doel 1, 2, 3 et 4. En respectant le prescrit WENRA qui sera traduit en droit belge via donc ce fameux arrêté royal "en 2017".

Les efforts les plus importants devant porter sur Doel 1 et 2, les réacteurs les plus anciens (1975), non prévus initialement pour ces tests sismiques.

Avec la précision - dans un slide présenté lors de cette réunion commune - "réalisation/compliance en 2025 au plus tard". "Avec une période de transition jusqu'en 2025". Un autre slide précise que "d'importants travaux et modifications sont nécessaires".

Avec cette question qui demeure : pourquoi prévoir des travaux achevés au plus tard en 2025, année où précisément ces centrales doivent normalement fermer leurs portes ? On est loin du principe de précaution de base - même si on ne s'attend pas à un tremblement de terre style "Big one" en région anversoise... Mais pourquoi autant de temps pour réaliser de tels travaux ? De l'argent jeté par les fenêtres s'il faut attendre 2025 pour les voir terminés.

Des précisions attendues sur le calendrier

En commission, mardi, la ministre de l'Énergie Marie-Christine Marghem (MR) - s'exprimant à la place de son collègue à l'étranger, le ministre de l'Intérieur Jan Jambon (N-VA), chargé de l'aspect sécurité des centrales - a confirmé deux éléments : la transposition en droit belge des normes WENRA et la mise au norme des centrales belges en faisant une fois de plus de l'AFCN le "gendarme" de l'affaire. "Si l'AFCN juge que des travaux supplémentaires doivent être réalisés, le gouvernement veillera à ce qu'Electrabel respecte ses obligations, et ce sans effet sur la convention. Les 20 millions d'euros seront dus même si le montant des travaux à charge d'Electrabel, actuellement quelque 700 millions d'euros, est revu à la hausse". L'AFCN a réagi également, par voie de communiqué, rappelant qu'en 2012, une série d'améliorations du "design sismique" des deux réacteurs de Doel avaient été identifiées dans le cadre d'une "éventuelle exploitation à long terme" (à cette époque, la prolongation n'avait pas encore été décidée). "Elles seront mises en œuvre dans les années qui viennent". L'AFCN qui précisait qu'une "concertation constructive" avait commencé l'année passée avec Electrabel pour l'application des nouvelles normes. L'AFCN qui ajoutait n'avoir encore "aucun détail sur l'étendue et le coût des travaux à réaliser."

Mardi, la majorité avait refusé à l'opposition une audition de Jan Bens, le patron de l'AFCN. Mais sur décision de la conférence des présidents mercredi, cette audition devrait finalement avoir lieu avant le vote de la loi fixant les modalités pratiques et pécuniaires de la prolongation de Doel 1 et Doel 2 la semaine prochaine. Jan Bens devra notamment s'y expliquer sur la date des travaux à mener pour renforcer les centrales. On y verra alors peut-être plus clair en terme de calendrier. D'ici 2025...

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