Discours royal: de la prudence et beaucoup d'optimisme

Sans surprise, les premiers mots du roi Philippe sont dédiés à la reine Fabiola. Le Roi lui rend un hommage appuyé, soulignant ses qualités : "Aux côtés du roi Baudouin, elle a adopté notre pays et l’a aimé de tout son cœur. Par des mots et des gestes simples, elle avait le don d’insuffler de l’espoir à chacun. Elle s’est dévouée sans réserve à ceux que la vie avait durement frappés. Nous sommes très profondément reconnaissants pour tout ce qu’elle a fait, pour tout ce qu’elle a été".

A travers Fabiola, le Roi souligne l'importance de l'espoir et de l'optimisme, les thèmes principaux de son discours. Il poursuit son message en s'adressant aux citoyens. Après les mouvements de grève et les mois chahutés qu'a connu la Belgique, le Roi tente de se mettre dans la peau des Belges pour leur insuffler une note d'optimisme. "Je comprends votre inquiétude et le sentiment de découragement devant l’immensité des défis de notre génération, la faible croissance de notre économie, l’augmentation de la précarité. Pourtant, refusons de nous laisser gagner par la résignation. Tous ensemble, en partageant les efforts, nous pouvons surmonter la crise. Il faut un certain courage pour réagir à la morosité".

Philippe partage donc sa recette : "Essayons d’abord de changer notre regard sur le monde. Un vrai regard positif libère l’action et la créativité, chez celui qui porte ce regard mais aussi chez celui sur qui il est porté [...] Le regard positif mène à l’engagement. Il possède aussi une réelle puissance d’entraînement. Cet état d’esprit renforce les complémentarités et la cohésion dans notre société. Il sécurise, il sort de l’isolement, il crée des ponts, il donne un souffle à l’avenir."

De l'espoir mais pas de politique

Clairement, le Roi a décidé de rester au-dessus de la mêlée. S'il aborde un peu l'actualité en parlant de la crise et de la croissance, il ne fait aucune référence à la formation du gouvernement, à laquelle il a pourtant contribué. On est donc bien loin des discours parfois tranchés d'Albert II. Philippe préfère plutôt souligner le travail des bénévoles et des personnes qui s'engagent pour aider les autres, et saluer les structures du pays: "Je pense à la solidarité dont nous faisons preuve à tous les niveaux. A nos administrations publiques, quotidiennement au service de la population. A ces entreprises et ces services publics qui allient avec succès efficacité et humanité. Je pense à l’impressionnante capacité d’innovation de nos entreprises et de nos scientifiques. Cette capacité d’innovation aussi est l’expression d’un regard d’espoir et d’optimisme. C’est d’abord par un regard positif que se façonne toute avancée même discrète".

Comme il a commencé ce discours, le Roi termine par des vœux plein d’espoir: "Ayons le goût de l’avenir". Voilà un discours qui ne devrait alimenter aucune polémique.

Regardez-le en intégralité:

A. Fogli

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