Discours du Roi: les réactions

Le Roi a prononcé un discours remarqué à la veille du 21 juillet
Le Roi a prononcé un discours remarqué à la veille du 21 juillet - © Belga / Julien Warnand

Après le discours particulièrement remarqué du souverain à la veille de la Fête nationale, les états majors politiques restent très prudents. Le MR par la voix de son président, est le premier à réagir. Il dit partager l'exaspération exprimée par le Roi. D'autres relèvent la "dramatisation" voulue par le Roi.

"Nous partageons l'exaspération exprimée par le Roi qui est dans son rôle lorsqu'il met en garde" a dit le président du MR Charles Michel mercredi après-midi.

Le MR est aussi convaincu que le pays a besoin d'un gouvernement de plein exercice pour assurer le bien-être des Belges et engager les réformes structurelles nécessaires, a-t-il ajouté.

"Nous avons été écartés pendant de nombreux mois des discussions et depuis la mission de Didier Reynders nous nous montrons volontaires et positifs pour aller vers une solution tout en défendant notre programme socio-économique et francophone", a encore dit Charles Michel.

Même message au cdH qui se réjouit de la fermeté d'Albert II. Pour sa présidente, Joëlle Milquet, c'est le discours "qu'il fallait, c'est ce que nous avons à l'intérieur de nous depuis de nombreux mois et c'est vrai qu'on arrive au bout d'un chemin dont j'espère que tout le monde en comprend la gravité".  

"Le Roi est très préoccupé", pour Herman De Croo (VLD)

Le député libéral flamand Herman De Croo affirme n'avoir "jamais entendu de discours aussi efficace, aussi bien du point de vue de la forme d'expression que -et c'est le plus important- du contenu". Herman De Croo dit qu'il est "persuadé (que le Roi) est très préoccupé". "Je suis certain de la façon dont il a livré son discours traduit son souci profond pour le pays et ses citoyens", a-t-il relevé.

Siegfried Bracke (N-VA) a d'étonnantes références historiques

Sur son compte Twitter, le député N-VA Siegfried Bracke compare l'attitude actuelle d'Albert II, qui manifeste son mécontentement en limitant ses activités officielles ce 21 juillet, à celle de Léopold Ier: "Léopold Ier a aussi un jour refusé de participer aux fêtes belges, parce que le peuple avait attaqué le carrosse de sa maîtresse".

Pas de réaction du CD&V

Ce mercredi, le CD&V ne souhaitait pas réagir au discours du Roi. La fermeté d'Albert II combinée à l'ultimatum du formateur auront sans doute permis de ramener le CD&V vers le chemin des négociations.

Posture inhabituelle

L'accent dramatique dans le discours du roi Albert II à la veille de la fête nationale, le fait de mettre en garde la classe politique et de se ranger du côté du citoyen changent radicalement des discours des autres années, a estimé mercredi Marc Lits, directeur de l'Observatoire du récit médiatique à l'UCL.

Tant par sa gestuelle, son ton et ses mots graves, le souverain était déterminé, relève Marc Lits.

"Alors que d'habitude, il a les mains croisées et parle sur un ton monocorde, il a accentué une forme de dramatisation, par ses gestes et ses temps de pause, en insistant sur le fait que l'heure était grave et qu'il fallait réagir", commente-t-il.

Albert II a notamment "agité le spectre de la crise financière", en rappelant les risques qu'une longue crise fait courir à tous les Belges.

Marc Lits attire aussi l'attention sur l'hommage appuyé du Roi au gouvernement Leterme. "C'est une manière implicite de dire qu'on aurait pu faire, du gouvernement en affaires courantes, un gouvernement de législature".

Marc Lits s'attend à une réaction de la N-VA puisque "ce sont surtout les membres de la N-VA qui sont visés", ou du CD&V.

RTBF et Belga

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