Digital Wallonia veut de la 4G partout, "pour éviter une Wallonie à deux vitesses"

Faut-il vraiment disposer d’une couverture numérique sur 100% du territoire? 
Faut-il vraiment disposer d’une couverture numérique sur 100% du territoire?  - © KIRILL KUDRYAVTSEV - AFP

Alors que le gouvernement wallon veut supprimer les "zones blanches" jusque dans les plus petits villages, faut-il vraiment disposer d’une couverture numérique sur 100% du territoire? 


Pour André Blavier, expert au sein de Digital Wallonia, et responsable de la stratégie numérique en Wallonie, la stratégie Digital Wallonia repose sur plusieurs thèmes prioritaires. "L’un d’entre eux est ‘le territoire connecté et intelligent’. Je pense que le message qu’il faut faire passer aujourd’hui est que la compétitivité d’une région comme la Wallonie passe par sa capacité d’attractivité, par la connectivité et par la mise à disposition pour les citoyens, pour nos entreprises, pour les services publics,  et pour l’ensemble des services de la société, mais aussi pour les investisseurs étrangers d’une connectivité de très bon niveau, fixe et mobile."

Des smart cities pour tous

Il évoque notamment la question des "smart cities" dont il ne faudrait pas freiner le concept dès que l’on s’éloigne des agglomérations. "Si j’habite aujourd’hui dans une zone rurale où existe une activité touristique et agricole extrêmement importante, elle passera demain par une numérisation des services et par une capacité à utiliser des réseaux 4G et 5G. C’est donc un enjeu territorial global. On ne peut pas développer une région en considérant qu’une partie est exclue."

Des endroits coupés du monde moderne

Selon André Blavier, ce débat sur la connectivité suscite de plus en plus d’interpellations de citoyens, d’entreprises, d’écoles et d’hommes politiques. "Dans ma région, les gens ne veulent pas s’installer et les entreprises ont des problèmes parce qu’elles n’ont pas cette connectivité. Je pense que le grand mérite de l’accord qui a été présenté hier, est un partenariat public-privé. C’est un choix politique fort: arrêter de taxer des investissements technologiques pour bénéficier sur le long terme d’investissements de couverture et d’investissements de recherche et développement ".

Et la santé dans tout ça?

Si l’aspect technologique est désormais pris en compte, il n’en va pas de même de l’aspect lié à la multiplication des ondes.

Pour André Blavier, cette approche doit se régler au niveau fédéral. "Chacun doit faire son travail dans son domaine. L’enjeu de la Wallonie aujourd’hui est d’offrir une connectivité aux entreprises, aux citoyens, aux services publics et aux écoles. "
 

Le défi est de réinventer la compétitivité

Pas question, selon lui, de mettre des limites: "Le défi est de réinventer la compétitivité. De la même manière que les routes ou les fleuves ont été des atouts majeurs de la transformation industrielle de la Wallonie il y a un peu plus de 100 ans, le numérique est un atout majeur pour retrouver cette attractivité au niveau mondial.

 Si aujourd’hui je suis un producteur de produits bio situé en zone rurale, mon défi sera de pouvoir connecter mon offre au reste du monde, au reste de la région, et d’avoir les outils logistiques qui permettent la livraison.C’est par le numérique que ça va se passer."
Et cette mise en place peut se faire en collaboration entre la Région et le Fédéral : "Ce qui était remarquable dans la présentation, mardi, de cet accord sur ‘ tax on pylons’ dans le cadre de Digital Wallonia, c’est que nous avions aussi Digital Belgium avec le ministre De Croo. Travailler ensemble est indispensable. Certaines compétences restent au niveau fédéral. C’est sans doute sur le thème de la santé que le fédéral doit intervenir. L’IBPT est une compétence fédérale pour les licences, alors que les compétences Wallonnes portent sur l’économique. On ne peut travailler dans une espèce de bulle."

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