Didier Viviers: "Il n'y a pas de nid antisémite à l'ULB"

Didier Viviers, recteur de l'Université Libre de Bruxelles, en décembre 2013.
Didier Viviers, recteur de l'Université Libre de Bruxelles, en décembre 2013. - © Archive ERIC LALMAND - BELGA

Climat tendu à l’Université Libre de Bruxelles (ULB) après la publication par l’Union des Etudiants Juifs de Belgique (UEJB), d’une vidéo montrant des étudiants juifs pris à partie par les étudiants du cercle Boycott Désinvestissement Sanctions (BDS). Des images filmées lors d’une manifestation politique organisée ce 4 mars sur le campus du Solbosch, par le BDS, cercle qui milite contre l'occupation des territoires palestiniens par Israël. Didier Viviers, recteur de l’ULB, revient sur cette polémique, sur le "devoir de dialogue" qui incombe à l’université, mais aussi sur la question du port du voile et de la place de la femme dans l’enseignement supérieur.

Plutôt que la polémique entourant une vidéo que certains qualifient d'antisémite, Didier Viviers préfère évoquer le dialogue qui s’est ouvert par la suite. "J’ai souhaité rencontrer les deux cercles pour entendre les deux versions et pendant trois heures, nous avons essayé d’établir les faits, de décrypter le message".

A la lumière de cette rencontre, les deux parties ont reconnu leurs torts respectifs dans un communiqué commun : les propos scandés par les militants de BDS envers des étudiants de l’UEJB étaient "maladroits et dommageables", tandis que la vidéo tournée et montée par l’UEJB ne reflétait "pas correctement la chronologie des faits" et ne donnait qu’une "image partielle de la réalité".

Didier Viviers l’affirme: "Il n’y a pas de nid antisémite à l’ULB" et le problème du vivre ensemble n'est pas propre à l'établissement bruxellois. L’ULB défend la tolérance, le libre examen et la liberté, une association de valeurs qui selon lui est "fondamentale mais parfois difficile à gérer" dans un cadre où cohabitent différentes sensibilités. 

"Interdire le voile à l’université serait une erreur"

Récemment, Pascale Boistard, la secrétaire d’Etat française aux droits des femmes a relancé le débat sur le port de signes religieux à l’université en déclarant qu’elle n’était "pas sûre que le voile fasse partie de l’enseignement supérieur". Didier Viviers ne partage pas cette position bien que "le voile ne soit pas le meilleur gage de la liberté des femmes" selon lui. Le recteur prône la liberté de jugement plutôt que l’interdiction, soulignant le fait que certaines étudiantes musulmanes finissent par abandonner le voile au terme d’un cursus universitaire qui les a fait "réfléchir sur le monde".

Sur la question de l’égalité hommes femmes à l’université, Didiers Viviers reconnait qu’il y a encore "beaucoup de progrès à faire" mais rappelle que l’ULB est la seule université belge francophone à avoir été dirigée par une femme. C’était Françoise Thys-Clément, il y a 25 ans.

Aurélia Morvan (@bIackcherry)

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