Didier Reynders se profile en ministre-président de la Région bruxelloise

Le Premier ministre Elio Di Rupo n’a pas manqué de faire la promotion de Mons comme capitale culturelle en 2015 lorsqu’il a pris la parole à la tribune de l’assemblée générale des Nations-Unies. Interrogé par Thomas Gadisseux, le ministre des Affaires étrangères trouve cela "justifiable : c’est vrai que Mons sera capitale culturelle en 2015. Et c’est vrai qu’Elio Di Rupo vient de Mons". Est-ce faire campagne électorale à la tribune de l’ONU ? "Il est en campagne électorale à Mons, personne n’en doute" poursuit Didier Reynders.

Sommet de la Francophonie

Elio Di Rupo ne se rendra pas à Kinshasa pour le sommet de la Francophonie, qui se déroule du 12 au 14 octobre, c’est-à-dire en même temps que les élections communales en Belgique. Pour Didier Reynders "il y a un paradoxe : pour la première fois on a un Premier ministre francophone et il ne se rendra pas au sommet de la Francophonie. Je crois que c’est totalement important que la Belgique y soit représentée parce que si nous ne mettons pas le dossier de l’Afrique centrale sur l’agenda européen et international, personne d’autre ne le fera".

"Une ambition pour la Région bruxelloise"

Le Liégeois Didier Reynders pousse la liste MR à Uccle pour le scrutin communal. Ce n’est pas être sur le banc, dit-il : "Je vais siéger au conseil communal si les habitants d’Uccle me font confiance. Et bien entendu je souhaite y jouer un rôle. Comme je souhaite jouer un rôle à Bruxelles, parce que je pense qu’à Bruxelles on manque de lucidité" sur la gestion de la sécurité ou de l’intégration. Mais, insiste Didier Reynders, "il faut apporter des solutions : quand je parle d’intégration, je parle de formation. Venant de New York, ce qui me frappe aussi c’est le manque d’ambition et l’aveuglement. Dans le monde entier, Bruxelles est la capitale de l’Europe. Mais on a l’impression que ce n’est pas vraiment ce que beaucoup de responsables politiques bruxellois mettent en avant. Je suis assez impressionné de voir que pendant cette campagne communale la plupart des ministres du gouvernement bruxellois veulent le quitter pour s’occuper de leur commune. Je crois qu’il faut aussi des gens ayant une ambition pour la Région bruxelloise".

Des marxistes au gouvernement

Certains patrons flamands reprochent le côté trop "marxiste" du gouvernement fédéral : "Il y a des marxistes au gouvernement, mais cela ne veut pas encore dire que le gouvernement soit marxiste", commente Didier Reynders, qui poursuit : "Dans l’accord de gouvernement, il y a un certain nombre de mesures qui sont considérées, surtout en Flandre, comme des attaques contre le monde de l’entreprise. On a parlé pendant des mois d'une mesure sur les voitures de société. La dispositif mis en place ne rapporte presque rien, de l'aveu même du ministre des Finances. Pour 2013, il faut que ça s’arrête. Il y a des lignes rouges en matière fiscale qu’il ne faut pas dépasser".

La N-VA atteint près de 40% d’intention de vote selon certains sondages. Selon Didier Reynders, "pour calmer certaines tendances nationalistes en Flandre, il faut vraiment mettre en place des réformes économiques et sociales en Wallonie comme à Bruxelles. Tant que la Wallonie et Bruxelles ne sortiront pas plus fortement des politiques que l’on y mène aujourd’hui, les choses ne changeront pas. Le Nord de la Belgique a le sentiment, à tort ou à raison, que les deux autres Régions ne se transforment pas. Ce sera certainement l’enjeu de 2014" conclut-il.

S. Vanackere: D. Reynders a approuvé les taxes qu'il critique aujourd'hui

"Il n'y a pas de nouveaux impôts qui n'ont pas été approuvés par Didier Reynders et son parti", a répliqué dimanche après-midi le cabinet du ministre des Finances Steven Vanackere (CD&V) aux critiques que Didier Reynders a formulées dans L'Indiscret.

A.L. avec T. Gadisseux

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