Didier Reynders: "Plus de 40 nationalités parmi les victimes"

Didier Reynders (MR) aux côté du procureur fédéral Frederic Van Leeuw.
Didier Reynders (MR) aux côté du procureur fédéral Frederic Van Leeuw. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Comme Jan Jambon avant lui, Didier Reynders, Ministre des Affaires Etrangères et Vice-Premier Ministre a demandé aux Belges de reprendre une vie «normale».

«Il faut d’abord tenter de reprendre progressivement une vie qu’on va qualifier de normale mais une vie dans laquelle on sait qu’il y a des risques. On le sait depuis pas mal de temps dans notre pays, mais on doit tenter de montrer que nous avons une manière de vivre, un respect pour nos libertés qui doit être présent. Ca ne va pas être simple pour beaucoup. Je crois qu’il faut aussi être très attentif. Je le dis parce que j’ai des enfants et des petits-enfants.»

Le niveau de risque de niveau 4 implique, selon Didier Reynders « une très grande prudence de la part d’un certain nombre de Services. Il est très difficile de prévenir des attentats lorsque des personnes sont prêtes à se suicider pour tuer d’autres personnes…C’est un peu mon rôle depuis hier matin d’essayer de donner des informations à des collègues, des d’ambassades et des familles qui nous appellent en direct. Il y a probablement, parmi les morts et les blessés que vous avez cités, plus de 40 nationalités différentes.» Pour le ministre des Affaires étrangères, le monde a été touché à travers la Belgique et le symbole que représente Bruxelles dans le monde : « C’est un symbole international, européen et transatlantique avec l’OTAN. » Pour Didier Reynders, ce symbole n’a pas été pris par hasard, même si c’est l’enquête qui devra le confirmer.

« Des attentats suicides sont très difficiles à éviter»

«Quand je reçois comme hier un appel de mon collègue libanais et qui, depuis Beyrouth, fait part de sa solidarité, on se rend compte que le monde change

Après certaines interviews, Didier Reynders avait pu faire croire qu’il détenait des informations sur de prochains attentats. Il s’en est depuis expliqué et précise « Je ne dis pas qu’on aurait pu l’éviter. Je dis simplement que, quand des personnes sont prêtes à se tuer pour en tuer d’autres, il est très difficile de réagir. Des attentats suicides sont très difficiles à éviter.»

« Des gens qui commentent feraient mieux de coopérer »

En revanche, le vice-premier ministre réfute d’emblée l’accusation faite à Bruxelles d’être le ventre mou de la lutte anti-terroriste : « C’est surtout le cas dans un certain nombre de commentaires, en France il faut bien le dire. Je pense que beaucoup d’éditoriaux, beaucoup de commentaires sur les Services de Renseignements. Je crois que nos Services font un maximum. On sait aussi quelle est la taille aussi de nos Services. On ne peut pas disposer de Services de la même nature que de grandes puissances dans le monde. Ce que je demande surtout, c’est que les Services qui s’expriment maintenant apprennent à échanger de l’information. Ça se fait lentement. Il y a des progrès ces dernières années, mais beaucoup de gens qui commentent feraient mieux de réellement coopérer, d’échanger de l’information et, je le répète, heureusement ça se fait de plus en plus.» Depuis les attentats au Musée Juif de Bruxelles, et à Paris, je répète sans cesse dans l’Union de l’OTAN ou l’Union Européenne «échangeons de l’information». Ca progresse, mais lentement.

« Ne pas se focaliser sur Molenbeek »

Il est aussi très facile, pour les pays voisins de critiquer la Belgique et singulièrement Molenbeek, présenté comme un nid de djihadistes. «J’entends évidemment tous les commentaires sur Molenbeek. J’ai eu beaucoup de débats dans le passé sur la situation dans certains quartiers, et chaque fois que j’ai parlé de ce problème d’intégration dans certains quartiers, ça provoquait la polémique. Ne revenons pas nécessairement sur cela, mais au moins faisons comprendre à certains voisins que nous avons tous à regarder en face la réalité dans notre propre pays. Chercher les problèmes exclusivement ailleurs, ça n’a pas de sens. Je veux dire par là que les banlieues de Paris, un certain nombre de villes de France, connaissent les mêmes problèmes. Et donc, plutôt que de chercher un bouc émissaire qui serait un quartier de Bruxelles. » Didier Reynders rappelle que ce sont certains quartiers qui sont concernés et,surtout , que la solution passe moins par la répression que par l’intégration : « Ce travail de fond passe par l’école et l’éducation. Il passe par l’accès à l’emploi et par la non-discrimination. C’est vrai chez nous, mais c’est vrai aussi dans beaucoup d’autres endroits. »

« Il faut aussi préserver la vie privée »

Pas plus que Jan Jambon, responsable de l’Intérieur Didier Reynders ne croit dans l’efficacité de mesures d’exception. "Je ne suis pas très favorable à l’idée de l’état d’urgence comme on le vit ailleurs. C’est un autre système d’Etat. Le tout est simplement de voir si on doit encore renforcer cet arsenal. Il faut être attentif à l’équilibre entre les mesures de protection de la sécurité des citoyens et les droits individuels, la vie privée. » Didier Reynders préférerait que l’on fasse cet exercice au niveau européen, à 28. « Il faudrait un rapport chaque année sur l’état de droit dans chacun de nos Etats. Parce que ce ne sont les gouvernements nationaux qui sont les mieux placés pour analyser l’équilibre. »

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