D. Reynders: O. Maingain a dérapé en rapprochant Charles Michel de Marine Le Pen

Didier Reynders
Didier Reynders - © RTBF

Le vice-premier ministre Didier Reynders confirme à la RTBF que les représentants du Fédéral se sont abstenus lors du vote sur la décharge des administrateurs de Dexia. Il estime aussi que l'Europe doit aider la Grèce sur une longue durée. Il qualifie de "dérapage" les déclarations d'Olivier Maingain qui a comparé Charles Michel à Marine Le Pen.

Lors de l’assemblée générale de ce mercredi, les représentants du gouvernement fédéral se sont abstenus lors du vote sur la décharge des administrateurs. Les Régions bruxelloises et wallonnes ont adopté la même attitude. La Région flamande avait un autre point de vue : elle souhaitait reporter le vote sur la décharge au conseil d’administration. Interrogé par Bertrand Henne, le vice-premier ministre MR Didier Reynders souligne qu’il "voulait vraiment un avis commun du Fédéral et des Régions" et il déplore que le ministre-président flamand CD&V Kris Peeters ne soit "pas sur la même ligne" que le ministre fédéral des Finances CD&V Steven Vanackere, alors qu’il s’agit du sort du CD&V Jean-Luc Dehaene, qui préside le conseil d’administration de Dexia.

Cependant, Didier Reynders "ne voit pas ce que l’on reproche précisément" au conseil d’administration de Dexia pour l’année 2011 : "Il est évident que s’il y avait des responsabilités graves de l’un ou l’autre administrateur dans un élément concret de Dexia, il y a toujours des poursuites possibles au pénal".

"Pas de parachute doré" pour Pierre Mariani

Concernant une éventuelle prime de départ de Pierre Mariani, Didier Reynders, tout en rappelant que le gouvernement fédéral n’est actionnaire qu’à hauteur de 5% du groupe Dexia, "espère que l’entreprise va tenir compte du message que le gouvernement a adressé : pas de parachute doré".

La crise politique semble s’enliser en Grèce et, pour Didier Reynders, "si on va vers de nouvelles élections, je crois que le message européen doit être très fort concernant la mise en garde à l’égard des extrêmes. Je pense vraiment qu’il y a un cordon sanitaire qui doit se mettre en place autour de la résurgence de partis néo-nazis, mais aussi de tentatives de remettre en vie des partis d’extrême-gauche. Ce n’est pas avec des partis extrémistes que l’on arrivera à trouver une solution".

"On ne touchera pas au volet stabilité"

Pour Didier Reynders, si on veut aider la Grèce, on doit le faire "en prêtant des fonds sur une longue durée. Croire que la Grèce peut s’en sortir en deux ou trois ans est une erreur ; il faut lui donner 10 ans, 15 ans ou 20 ans. Mais les efforts devront aussi être poursuivis en Grèce".

L’arrivée de François Hollande à la présidence de la France va-t-elle mener à renégocier le traité européen ? Pour le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders, "on ne touchera pas au volet ‘stabilité’ ; on devra continuer à revenir à l’équilibre budgétaire". Quant à l’hypothèse d’une relance par la croissance, Didier Reynders estime qu’il ne faut pas se lancer dans des dépenses publiques importantes qui ne sont pas compatibles avec la stabilité. Par contre il veut qu’on renforce le marché intérieur, qu’on continue des réformes en matière de retraites et de marché du travail. En tout cas, si des investissements sont initiés, il faut qu’il y ait aussi un volet national dans chacun des pays de l’Union. Et Didier Reynders cite un exemple d’investissement nécessaire en Belgique : "Je rentre d’Afghanistan où les routes ne sont pas bonnes, mais quand on vient de Wallonie, on s’habitue".

"Guy Verhofstadt reste un ami"

Didier Reynders regrette que Guy Verhofstadt, qui préside le groupe libéral au parlement européen, ait "pris en grippe Nicolas Sarkozy" pendant la campagne électorale française, pour des raisons personnelles et ait soutenu François Bayrou : "Je ne souhaite pas que ma formation politique évolue vers le mouvement de Cohn-Bendit et d’Eva Joly en France. Il doit rester un groupe libéral. Je ne partage pas du tout l’avis de Guy Verhofstadt, qui reste malgré tout un libéral et un ami".

"Dérapage" d'Olivier Maingain

Dans l'hebdomadaire Knack, Olivier Maingain déclare que Charles Michel est une "pâle copie du sarkozysme" et que le discours réactionnaire de ce dernier sur le soi-disant assistanat "ne se situe pas très loin de Marine Le Pen". Pour Didier Reynders, "tout ce qui est excessif est insignifiant. C'est un dérapage. Ce n'est pas acceptable".

A.L. avec B. Henne

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