Didier Reynders n'exclut pas un prochain gouvernement avec la N-VA

Didier Reynders n'exclut pas un prochain gouvernement avec la N-VA
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Didier Reynders (MR) était l’invité d'Arnaud Ruyssen ce soir sur La Première. L’actuel Vice-Premier Ministre et ministre des Affaires étrangères et européennes cumule depuis aujourd’hui le poste de ministre de la Défense.

Didier Reynders a expliqué que l’exécutif essaie d’avoir un gouvernement très resserré. Les 3 ministres qui quittent le gouvernement ne sont pas remplacés, ce sont deux secrétaires d’Etat qui deviennent ministres. L’objectif est d’avoir des complémentarités. Il a donné l’exemple de Maggie De Block (Open VLD) qui avait déjà exercé la politique d’Asile et Migration et qui la récupère dans le remaniement d’aujourd’hui. Quant à ses compétences, il estime qu’il y a beaucoup de liens à mettre en place ou à renforcer entre les Affaires étrangères et la Défense.

Vote de confiance ?

Premier Conseil des ministres, première coalition Orange-Bleue. Ne serait-il pas logique de demander au Parlement la confiance des parlementaires, comme on le fait en début de législature ?

Premièrement, Didier Reynders explique qu’il s’agit bien d’un remaniement, parce que la N-VA a remis en cause l’accord sur le pacte migratoire de l’ONU et il a donc fallu changer la composition du gouvernement. Deuxièmement, il revient sur le premier acte politique posé par le gouvernement Michel II. "Charles Michel est parti pour le Maroc pour l’approbation du pacte migratoire. Nous avons obtenu la confiance de plus de deux tiers de la Chambre la semaine dernière".

Il ajoute: "Il y a une Constitution et on va l’appliquer. On va travailler avec les groupes parlementaires pour voir vers quoi on veut aller, mais demander à un gouvernement qui n’a pas la majorité du Parlement d’aller au Parlement pour savoir s’il a la majorité… C’est le prendre pour un gouvernement d’incompétent. Je sais faire des calculs. Je sais très bien qu’il n’y a pas une majorité générale pour le soutenir."

Gouvernement légitime ?

Selon Didier Reynders, il y a des mécanismes constitutionnels qui permettent de garantir la légitimité du gouvernement. "Si des formations dans l’opposition estiment qu’elles veulent aller aux élections tout de suite et ne veulent pas faire un certain nombre de choses : un accord interprofessionnel, un budget avec une augmentation du pouvoir d’achat au premier janvier, gérer le Brexit... Si c’est ça qu’on veut, il y a des procédures dans la Constitution pour y aller. Ce que je reconnais c’est que c’est nouveau chez nous.

Et le ministre donne alors l’exemple d’un autre gouvernement minoritaire en Espagne qui doit chercher, non pas sur l’ensemble de la politique, mais sur chacun des éléments un soutien au Parlement. "Nous l’avons pour un premier acte important qui va être posé non seulement au Maroc, mais aussi le 19 décembre aux Nations Unies. Nous allons voir s’il est possible dans les deux semaines qui viennent d’avoir un soutien pour le budget, qui est l’acte fondamental d’une majorité et dans ce cas-ci d’un gouvernement et d’une majorité parlementaire. Si le budget est voté, ça donnera aussi des marges de manœuvre ". Le gouvernement devrait ensuite travailler dossier par dossier.

Un prochain gouvernement avec la N-VA ?

Charles Michel a remercié aujourd’hui les ministres et secrétaires d’Etat N-VA pour le travail qui a été réalisé pendant plus de 4 ans. Didier Reynders estime quant à lui que lorsqu’on a travaillé plusieurs années avec un partenaire en trouvant des accords sur un certain nombre de sujets, on peut saluer le travail effectué. "La N-VA a décidé de quitter le gouvernement, je le regrette parce qu’on a pu travailler correctement sur un certain nombre de dossiers". Malgré ce qu’ils viennent de faire, le ministre espère qu’ils vont voter le budget.

En ce qui concerne la question migratoire, le vice-Premier ministre estime qu'il s'agit peut-être un choix électoral de la N-VA , "mais je ne peux pas en juger à leur place, mais ils ont décidé de quitter le gouvernement", précise-t-il. 

Le ministre des Affaires étrangères explique qu’il n’est pas ravi de la situation actuelle et aurait préféré travailler avec un gouvernement capable de défendre ses projets au Parlement. Quant à une éventuelle alliance avec la N-VA aux prochaines élections, le ministre exclut de former un gouvernement avec les extrêmes, "Je ne classe pas la N-VA comme l’extrême droite."

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