Didier Reynders n'est pas élu au Conseil de l'Europe

Eternel deuxième, Didier Reynders est passé à côté de nombreux mandats au cours de sa carrière.
Eternel deuxième, Didier Reynders est passé à côté de nombreux mandats au cours de sa carrière. - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le ministre actuel des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders, n’a pas été élu au secrétariat général du Conseil de l’Europe. C’est donc son adversaire, la Croate Marija Pejcinovic Buric, qui l’a emporté avec 159 voix, face à 105. Cette victoire fait d'elle la deuxième femme, après la Française Catherine Lalumière de 1989 à 1994, à occuper ce poste

Le chef de la diplomatie belge n'a pas souhaité réagir devant la presse, mais a tout de même adressé ses félicitions à la démocrate-chrétienne de 56 sur Twitter. 

M. Reynders a également remercié les parlementaires belges du Conseil de l'Europe pour leur soutien, "ainsi que les équipes qui m'ont aidé à mener une bonne campagne."

Créé en 1949, le Conseil de l'Europe est chargé de défendre les droits de l'homme et la démocratie sur le Vieux continent. Basé à Strasbourg, mais sans lien avec les institutions de l'Union européenne, il réunit 47 États, dont la Russie et la Turquie.

Pas son premier échec électoral 

Didier Reynders n’en est pas à son premier échec électoral. Voici une liste des autres mandats qui lui sont passés sous le nez ces dernières années :

1) Le maïorat de Liège. Le poste de bourgmestre a échappé par deux fois à Didier Reynders, en 2000 et en 2006 pour rester entre les mains de Willy Demeyer, son éternel adversaire local du PS.

2) Le poste de Premier ministre. Didier Reynders a souvent été cité comme candidat potentiel à cette place lors des scrutins fédéraux de 2007 et 2014. Mais là aussi, la place a été attribuée à quelqu’un d’autre : Yves Leterme (CD & V) (arrivé juste au-dessus de Didier Reynders en termes de voix) en 2007, et Charles Michel en 2014.

3) Le maïorat d’Uccle. En 2016, Didier Reynders avouait, à demi-mot, vouloir ravir le maïorat d’Uccle à son camarade de parti Armand De Decker. "Lors de mon arrivée à Uccle, j’avais fait le choix très clair de rester à un stade d’observationMais, après les prochaines élections locales, je voudrais m’investir plus. Par exemple, dans une fonction exécutive dans le collège communal. Laquelle ? Cela devra faire l’objet d’une discussion en interne", déclarait-il ainsi à nos confrères de La Libre Belgique. Les doutes étaient alors faibles sur l’identité de ladite fonction exécutive, qu’il n’occupera finalement pas.

4) La présidence de la Région bruxelloise. Lors de la campagne en vue des élections régionales de 2019, Didier Reynders, toujours aussi énigmatique, confiait ceci à nos confrères de l’Echo : "Je vais mener le combat pour renverser les choix politiques dans cette région et faire en sorte que les libéraux soient le plus grand parti politique de Bruxelles en 2019. Si nous y parvenons, alors je prendrai mes responsabilités. Je suis convaincu que sur un thème comme la sécurité, par exemple, le ministre-président peut et doit jouer un plus grand rôle." Mais une fois de plus, le poste devrait lui échapper, étant donné que le PS et Ecolo ont décidé de gouverner sans le MR à Bruxelles.

Bref, depuis qu’il connaît le succès en politique, Didier Reynders a espéré occuper globalement toutes les fonctions qui lui étaient potentiellement accessibles, sans jamais s’en cacher complètement. Dans une interview accordée à nos confrères du Soir en février 2019, il déclarait ainsi : "Même pape, je peux le faire : je suis baptisé !". Formule bien typique du vieux briscard libéral, qui n’a probablement pas fini de nous surprendre.

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