Didier Reynders (MR): "Si l'échec devait être vraiment constaté, il faudra retourner devant les électeurs"

Le Commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, est notre invité ce jeudi matin. L’occasion pour lui de revenir sur la situation politique belge. Il estime qu'on se dirige vers de nouvelles élections : "Oui c’est le sentiment que j'ai, si l’échec devait être vraiment constaté et que les responsables politiques n’arrivent pas à former un gouvernement. Il faudra en tirer les conséquences et retourner devant les électeurs. D’autres pays le font régulièrement, il y a même des pays ou c’est la règle. Même si je ne pense pas que cette règle doit exister en Belgique vu notre situation complexe. Nous avons des institutions robustes, pas uniquement les gouvernements régionaux, les administrations elles aussi fonctionnent et le gouvernement fédéral en affaires courantes peut quand même prendre quelques décisions. Retourner aux élections serait surtout un constat d’échec et ferait la part belle aux partis populistes et extrémistes".

Les dossiers européens comme leçon de vivre ensemble

Didier Reynders explique "dans toute une série de dossiers européens, comme le climat, par exemple, vous devez mettre à table le fédéral et les régions. Vous aurez donc dans la réunion des représentants du PS et de la N-VA quoi qu'il arrive. De toute manière ces partis doivent se parler". Et d’insister sur son rôle de préformateur : "A l’époque nous avons travaillé avec Johan Vande Lanotte sur un scénario PS et N-VA, par parce que c’est ce que nous voulions, mais parce que c’était une exclusive des partis flamands".

Et Didier Reynders enfonce le clou : "Vous savez ce sont deux partis qui ont perdu les élections, et je comprends que pour eux c’est difficile de se mettre à table. Mais cela reste les deux principaux partis du pays. Je vois aussi que c'est une évolution que l’on voit un peu partout en Europe, avec des poussées extrémistes à gauche et à droite, cela donne des gouvernements minoritaires, des gouvernements qui tombent comme en Slovénie en Roumanie, des difficultés de former des majorités. C’est plus complexe qu’avant, mais c’est la réalité des urnes, il faut en tenir compte et se mettre autour de la table".

Les exclusives, ça suffit

Mercredi matin, sur nos antennes François De Smet, le nouveau président de Défi, qualifiait la N-VA de parti d’extrême droite. Pour Didier Reynders son analyse est fausse : "Il y a un parti d’extrême droite en Flandre et c’est la Vlaams Belang. Les responsables politiques doivent se rendre compte, de ce qu’est le paysage politique. Vous savez moi qui aie connu 20 ans de gouvernements différents avec des partis démocratiques différents, j’ai vu que sur de nombreux dossiers les politiques sont les mêmes, mais la communication est juste différente. Prenons l’exemple de la migration entre Maggie De Block et Théo Francken c’était la même politique, ils communiquaient juste différemment. Et si nous n’avons pas de gouvernement de plein exercice rapidement, demandons au parlement d’avancer sur certains dossiers, comme le budget par exemple".

Présidence du MR à Bruxelles

Didier Reynders, a fait connaître également son soutien formel à David Leisterh dans la course à la présidence du MR bruxellois. L’élection du successeur de Didier Reynders aura lieu le 20 février prochain : "C’est un vrai passage de génération et il faut le faire en équipe et je pense que David Leisterh à cette capacité de rassembler".

Il y a deux candidats : le bourgmestre d’Uccle Boris Dilliès et David Leisterh. Ce dernier est député au parlement bruxellois depuis juin dernier, et vice-président du MR Bruxellois depuis 2017. Il est également conseiller communal et président du CPAS de Watermael-Boitsfort. Âgé de 35 ans, il a travaillé pendant 7 ans au cabinet de Didier Reynders quand celui-ci était ministre des Affaires étrangères. L’élection du prochain président de la régionale Bruxelloise du MR se fera au suffrage universel des membres, à la majorité absolue des votes exprimés.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK