Didier Reynders (MR): "Il n'y aura pas de solution militaire en Syrie"

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères était l'invité de Matin Première ce jeudi. Didier Reynders a insisté sur le fait qu'"il n'y aura pas de solution militaire en Syrie".

Pour lui, "la seule façon de sortir de la situation syrienne, c'est une solution politique" parce qu'ils ont "tiré les leçons de ce qui s'est passé en Libye" où c'est maintenant le chaos : "Il y a eu une attaque militaire réussie probablement mais sans reconstruction du pays, sans solution politique. La Libye est dans un état de chaos aujourd'hui. Ce que l'on veut éviter"

"L'opposition est prête à venir", reste à convaincre le régime

"Donc, si on veut une solution, il faut mettre à la table le régime comme on l'a toujours fait à Genève sous l'égide des Nations Unies. Et de l'autre côté, l'opposition. L'opposition est prête à venir. L'Union européenne a fait son travail. Elle a convaincu l'opposition de venir sans préalable, d'accepter une négociation. Il faut que le régime accepte de partager le pouvoir, que toutes les communautés participent au pouvoir. Je ne dis pas selon le modèle libanais mais dans l'esprit de ce qui au Liban, par exemple, où chaque communauté est représentée. Pour cela, il faut faire pression sur les alliés du régime : l'Iran, la Russie. C'est ce que nous faisons"

"La Russie et l'Iran doivent démontrer leur volonté" 

A la question de savoir si les Russes sont complices des crimes de Bachar al-Assad, Didier Reynders répond qu'"ils doivent en tout cas maintenant démontrer leur volonté d'aller vers une solution politique. Parce que l'on sait qu'ils sont alliés. Et donc, tout ce qui se passe en Syrie ne peut pas se faire sans qu'il y ait au minimum une information russe. Mais on a la même question à l'égard de l'Iran"

Maintenir le dialogue est important selon le ministre des Affaires étrangères et "nous parlons avec tout le monde, chaque fois qu'il est possible d'aller vers un dialogue concret pour une solution politique"

On lui demande d'ailleurs souvent pourquoi continuer de parler avec les Russes et il répond "parce que si on ne fait pas pression sur la Russie, si on n'a pas un contact direct, on n'arrivera à rien. De même avec l'Iran."

Faut-il boycotter le Mondial de foot en Russie ? 

Pour Didier Reynders, "cela n'a pas beaucoup de sens d'aller dans une direction comme celle-là. Parce que d'abord il faut laisser le sport un peu en dehors du débat, mais surtout, ce genre d’événement, c'est aussi l'occasion d'organiser un certain nombre de rencontres et de faire passer un message. Y aller sans rien dire, ça ce serait évidemment dramatique. Mais comme on le fait chaque fois qu'il y a un contact avec un partenaire, comme le partenaire russe qui est un grand voisin de l'Union européenne, on doit tenir un discours très clair, y compris d'ailleurs sur les droits de l'homme. Les droits de l'homme en Russie, c'est une vraie préoccupation, comme les droits de l'homme en Iran"

Autrement dit, diplomatiquement, "ce sera certainement l'occasion d'avoir encore un certain nombre de contacts sur place, et puis on peut espérer que cela va influencer peut-être le comportement du président Poutine. Mais plus fondamentalement, pour influer sur son comportement, comme sur le comportement de l'Iran, il faut aussi rappeler qu'il y a une série de sanctions qui ont déjà été décidées par l"Union européenne. Parce que l'on semble l'oublier régulièrement, que ce soit à l'égard de l'Iran (notamment dans le dossier syrien, pour la présence de groupes armés sur le terrain) ; que ce soit pour l'Ukraine à propos de la Russie, il y a un très grand nombre de sanctions décidées par l'Union européenne. C'est aussi une façon de faire pression"

 

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