Didier Reynders: "Le CETA est la meilleure garantie contre un mauvais accord avec les USA"

Menu chargé pour Didier Reynders avec un Conseil européen où le CETA animera les débats. Politique internationale encore, avec l’accusation portée par la Russie à propos de prétendus bombardements belges en Syrie. Et politique internationale enfin, avec le report des élections présidentielles au Congo.

La Belgique a-t-elle bombardé des populations civiles à Alep en Syrie? Didier Reynders répète le démenti total déjà apporté par le ministre belge de la Défense:  " Nos F-16 n’étaient pas en opération à ce moment-là. C’est incompréhensible et inacceptable. Et il n’y a même pas eu de contact préalable (de la part des Russes ndlr) pour réaliser une vérification de ces allégations. Nous démentons formellement, et j’ai demandé que l’on convoque l’ambassadeur de Russie pour faire part du caractère inacceptable des propos tenus à Moscou. "

Mais Didier Reynders redevient plus diplomatique en reconnaissant qu’il faut trouver un nouvel équilibre avec la Russie, mais en restant ferme sur des sujets tels que la Syrie ou l’Ukraine. "L’Union européenne demande clairement un cessez-le-feu sur Alep. Par ailleurs, la Belgique a beaucoup travaillé sur la protection aérienne des pays baltes."

"Faire la différence entre le pouvoir et le peuple russe"

Didier Reynders prône aussi le maintien d’un lien ouvert avec Moscou. "La Russie est un pays de l’Europe, c’est un voisin. Il faut faire la différence entre le pouvoir et le peuple russe. Nous devons rester fermes, tout en recherchant le dialogue." Pour cela, explique le ministre des Affaires étrangères, l’Europe doit s’exprimer d’une seule voix. C’est alors que l’Europe a une carte à jouer, sinon on laisser le champ libre à des discussions exclusivement entre Washington et Moscou.

Le CETA : la Belgique seule contre tous

Malgré les déclaration répétées de Paul Magnette sur l’impossibilité, pour la Wallonie, de donner son accord à la signature de l’accord commercial CETA, Didier Reynders veut encore croire dans la possibilité d’une signature du traité dans les prochains jours. "J’utilise tous les moyens pour aboutir. J’ai passé deux heures, hier (mercredi) avec Paul Magnette et avec a commissaire Cecilia Malmström pour voir comment répondre à certaines demandes de la société civile et notamment du monde agricole. On va tout faire pour essayer d’aboutir à un accord. Ce traité a connu son démarrage en 2009. C’est un mandat de négociation donné à l’époque par tous les Etats européens. Et la Commission est restée dans ce mandat. A l’époque, tous les parties qui sont au pouvoir en Wallonie aujourd'hui étaient au gouvernement fédéral. Ce mandat a été complété en 2011 mais la négociation s‘est terminée en 2014. Et durant toutes ses négociations, je n’ai pas entendu les revendications actuelles. On a essayé de répondre à ses préoccupations. Et tout cela abouti à ce que 27 Etats membres soient aujourd’hui rassurés. Les parlements ont tous donné leur accord."

Pas de viande bovine aux hormones

Il faut arrêter de faire peur au marché agricole en disant qu’on ouvre totalement le marché européen, s'insurge le vice-premier ministre. "Par exemple, la viande bovine ne pourra pas être aux hormones. Et les Canadiens ne pourront pas exporter plus de 0,6% du marché européen. Nous avons obtenu en revanche des avantages pour l’exportation de produits laitiers et les fruits et légumes. Le CETA est le meilleur accord que nous ayons eu jusqu’à présent de la part de l’Union européenne. C’est la meilleure garantie de ne pas avoir un mauvais accord avec les Etats-Unis".

Une idée du Québec

Didier Reynders évoque l’origine de cet accord dont l’initiative revient au Québec qui voulait étendre son commerce extérieur au-delà des Etats-Unis et de l’Asie.  "Le Québec a convaincu les autres provinces canadiennes et la France qui, ensuite, a convaincu l’Europe. Et aujourd’hui 27 Etats sont convaincus que c’est un bon accord. "

Contrairement à Paul Magnette, Didier Reynders estime la crainte de voir les multinationales empêcher la régulation des Etats non fondée. "Le droit de légiférer est pleinement là. La capacité d’aller plus loin en matière de réglementation existe. Nous discutons avec le Canada qui est probablement le pays le plus proche de l’Europe. Si on ne conclut pas ce traité, on retombe sur des textes antérieurs avec des clauses bien moins favorables."

Didier Reynders ne croit pourtant pas dans un passage en force qui consisterait à signer le traité CETA sans l’accord des pouvoir fédérés. "Je regarderais cette demande si des gouvernements fédérés nous le demandaient (L’Open Vld, favorable à ce scénario est présent dans les gouvernements bruxellois et flamands), mais je respecterai le cadre légal belge. Le problème est que nous nous mettons en situation d’être seuls contre 27 parlements nationaux. Alors que d’habitude c'est nous qui essayons toujours de convaincre les pays récalcitrants de porter le projet européen."

Enfin, à propos du report des élections en RDC à 2018, le ministre des Affaires étrangères estime que ce délai est trop long: "2018, c’est trop tard. Les fichiers sont prêts pour voter en 2017. La Belgique a toujours travaillé en ce sens mais nous avons maintenant une position unanime au niveau européen."

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