Didier Reynders: "Il n'y aura pas de vote de confiance"

Le Premier ministre est attendu mardi après-midi à la Chambre pour répondre à des interpellations de l'opposition. Cette dernière lui avait enjoint mercredi soir, à l'initiative du PS, de présenter un programme et de solliciter la confiance avant cette date, une manœuvre que Charles Michel a vue comme une nouvelle tentative de déstabilisation.

Pour Didier Reynders, ministre MR invité de Matin Première, c'est très clair : "Il n'y aura pas de vote de confiance". Mais le gouvernement répondra aux interpellations. "Il y aura peut-être un vote de méfiance" jeudi, concède-t-il. Ce mardi, le Premier "va répondre aux questions du Parlement", a assuré le vice-Premier ministre. Il rappelle par ailleurs que le gouvernement dont il fait partie "l'a fait en ce qui concerne le Pacte sur les migrations, ce qui a permis d'aller l'approuver et d'être applaudis à Marrakech". Il évoque aussi l'avoir fait samedi, "avec les partenaires sociaux qui ont accepté de dire on va commencer en janvier la négociation sur l'accord interprofessionnel et ça c'est important pour le pouvoir d'achat. On sait, on l'a vu dans le débat sur les gilets jaunes, qu'il y a un vrai débat sur le pouvoir d'achat."

Un vote pourrait donc intervenir jeudi, et les 52 sièges des partis du gouvernement sur les 150 de la Chambre les obligent à rechercher un soutien de l'extérieur, ce à quoi s'employait Charles Michel ce week-end encore.


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Didier Reynders a cependant mis en garde contre une manoeuvre qui pourrait aboutir à un gouvernement en affaires courantes, voire à des élections anticipées: "Qui croit qu'on va faire un gouvernement en quelques semaines ?! Ou bien on part dans l'instabilité ou bien on travaille dossier par dossier."

L'attitude de la N-VA sera particulièrement scrutée mardi et jeudi, tout comme elle le sera si la plénière de jeudi est appelée comme prévu à se prononcer sur le budget 2019. Les nationalistes flamands avaient déjà approuvé ce budget en commission, avant que leurs ministres ne démissionnent. Ce sera donc "un moment de vérité", avait dit jeudi dernier le Premier ministre.

"Le PS et la N-VA doivent se mettre d'accord"

Quand De Wever évoque des élections anticipées, veut-il déstabiliser le pays ? "Sûrement", répond le ministre des Affaires étrangères. "Comme j'ai entendu au Parti Socialiste que les élections ne faisaient pas peur. C'est un choix, mais moi je crois que c'est celui de l'instabilité." "Qui croit qu'en votant en début d'année, on va avoir un gouvernement entre les élections fédérales et les élections régionales du mois de mai ? Qui croit qu'on va faire un gouvernement, ce serait exceptionnel en Belgique, en quelques semaines ?", demande l'élu.

Face à ces interrogations, le ministre pointe l'instabilité qui guette et les choix qui se heurtent au gouvernement duquel il fait partie. "Ou bien on part dans des mois d'instabilité, ou bien on essaye de travailler dossier par dossier. On verra si on peut travailler avec le Parlement ou si des groupes parlementaires décident d'aller aux élections." Toujours est-il que Didier Reynders rappelle que 76 sièges sont nécessaires à invoquer un vote de confiance. "La N-VA et le PS doivent se mettre d'accord", insiste-t-il.

Le blocage climatique

Celui qui a fraîchement écopé des dossiers liés aux finances du pays alerte aussi sur l'importance de clôturer et de voter le budget rapidement. "Si le budget est voté dans le courant de la semaine, on pourra parler aussi du climat où il y a un blocage en Flandre. On nous dit vous n'avez pas assez d'ambition lors de la COP24. Et bien, on est tout à fait prêt à avoir plus d'ambitions si les trois régions sont d'accord et en particulier la Flandre", explique-t-il.

"Il y a des divergences très forte entre le Nord et le Sud du pays. J'aimerais qu'on arrête cette hypocrisie qui consiste dans le sud du pays à nous dire : la N-VA, par exemple, est un parti raciste, on ne peut pas le fréquenter. Alors j'aimerais qu'on m'explique comment Ecolo-Groen fait un groupe commun au Parlement et que Groen se retrouve dans des majorités, dans des villes parfois importantes avec la N-VA, ou que le sp.a négocie avec la N-VA à Anvers."

Mettre les questions communautaires de côté

Didier Reynders se dit "heureux" d'avoir fait passer d'importantes réformes avec le gouvernement de la Suédoise, laissant le "communautaire au frigo". "Je rappelle qu'il y a un certain nombre d'années, quand tous les autres partis francophones, sans le MR, discutaient avec la N-VA, c'était de l'avenir du pays."

Selon le vice-Premier, "le gouvernement Qu'avons-nous fait, nous a fait des réformes socio-économiques en laissant cet institutionnel de côté". Il regrette donc le choix de la N-VA qu'il qualifie de "choix électoral". "La N-VA a fait un choix électoral de dire 'on va aux élections sur la migration'. Je le regrette, d'autant plus que c'est un abandon de poste. Ceux qui restent, c'est-à-dire l'orange-bleue comme on l'appelle aujourd'hui, se disent 'que peux-t-on encore faire' ?"

 


 

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