Didier Reynders: "Il n'y a pas d'impôt minimum sur les sociétés"

Didier Reynders
Didier Reynders - © Archive RTBF

Pour Didier Reynders, la "fairness tax" mise en place par le gouvernement n'est pas un impôt minimum sur les sociétés. A propos du dossier PRISM, si le gouvernement américain a lui-même commandité l'espionnage des institution européennes, "cela pose un problème de confiance" déclare-t-il à la RTBF.

Le président égyptien Mohamed Morsi fait face à une contestation grandissante marquée par de nombreuses manifestations. Interrogé par Bertrand Henne, le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders estime qu’il est temps que Mohamed Morsi s’ouvre au dialogue et à l’ouverture. Si l’armée devait prendre le pouvoir en Egypte "ce ne serait pas un signal très encourageant".

Didier Reynders rappelle que les Affaires étrangères recommandent aux touristes belges d’éviter les grandes villes d’Egypte, de voyager en groupe et de rester prudent. La situation sur place est réévaluée d’heure en heure et de jour en jour, indique-t-il.

Un traître

A propos du dossier PRISM, Didier Reynders confirme qu’il a remis à son collègue américain John Kerry, via l’ambassadeur des Etats-Unis, une demande officielle d’informations sur le travail des services secrets américains en Belgique. "Nous allons tenter de coordonner au niveau européen les informations que nous allons recevoir. Ce qui nous inquiète c’est que nous avons sur notre territoire le siège d’institutions importantes : l’Union européenne et l’Otan. Il faut que l’on sache s’il y a eu des démarches à l’égard de ces dernières" explique-t-il.

"On n’est pas naïf : on se dit que l’espionnage, peut-être même entre alliés, cela doit exister. Mais le monde évolue et on n’est plus dans une situation de guerre froide. On doit peut-être accepter un certain nombre d’enquêtes pour des raisons de sécurité, mais cela ne doit pas déborder sur le volet commercial ou le volet politique entre alliés" poursuit Didier Reynders. Ce que révèle l’affaire Snowden est "grave si effectivement on a encore mené ces dernières années ou ces derniers mois des opérations spécifiques à l’égard d’autorités publiques comme le Conseil européen par exemple, venant des Etats-Unis. Et c’est surtout grave si cela a été dirigé par l’autorité politique. Que des services de renseignements aient dérapé et aient fait du zèle par rapport à leurs tâches de sécurité est une chose, si cela a été commandité par l’autorité politique, cela pose un problème de confiance".

Pour Didier Reynders, Edward Snowden est "plutôt" un traître vis-à-vis de son gouvernement et des services de renseignements pour lesquels il travaillait. "S’il a clairement violé la législation américaine et les engagements qu’il a pris à l’égard de son gouvernement, il n’y a pas de raison qu’il ne rende pas des comptes pour cela" estime-t-il.

Pas d'impôt minimum sur les sociétés

Au cours du dernier conclave budgétaire, le gouvernement a décidé d’instaurer une "fairness tax" sur les entreprises. Il ne s’agit pas d’un "impôt minimum sur les sociétés" tient à préciser le MR Didier Reynders. Mais cette mesure est "tout à fait normale : il s’agit de demander à des entreprises qui dégagent des bénéfices et qui paient des dividendes à leurs actionnaires de payer un peu d’impôt (5% par rapport aux 33% de l’impôt des sociétés). Il y a beaucoup d’entreprises qui continueront à payer peu ou pas d’impôt". Il souligne le fait que le gouvernement a décidé de respecter les engagements vis-à-vis de l’Europe. Et cet ajustement budgétaire a été obtenu pour deux tiers à travers des réductions de dépenses, selon lui : "malgré cet effort, on soutient l’activité, notamment par des mesures en faveur des petites et moyennes entreprises".

A.L. avec B. Henne

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