Didier Reynders: "C'est l'Union européenne qui a conclu des accords avec le Soudan"

Didier Reynders
Didier Reynders - © RTBF

A propos de la polémique née de la venue de fonctionnaires soudanais pour identifier des migrants en vue de leur retour au Soudan, Didier Reynders rappelle que "c'est l'Union européenne qui a conclu des accords avec le Soudan comme avec d'autre pays afin de travailler ensemble sur le volet migratoire. Bien entendu que le Soudan n'est pas un 'pays sûr', mais il y a des procédures. Les personnes qui arrivent sur notre territoire peuvent demander l'asile. Si elles ne le font pas, il s'agit d'illégaux qui peuvent être ramenés dans leur pays, de manière volontaire ou de manière forcée. Si c'est de manière forcée, il faut les identifier. Les procédures d'identification mises en œuvre par Theo Francken l'ont été en France sous un gouvernement socialiste. Et des retours forcés vers le Soudan, cela se fait dans de nombreux pays européens, l'Allemagne et la Suède par exemple".

A noter qu'interrogé par la RTBF, le ministère de l'Intérieur français le confirme: "Dans le cadre de la coopération avec les pays d'origine visant à ce que ceux-ci reconnaissent leurs ressortissants (l'absence de laissez-passer consulaires est l'une des premières causes d'échec des procédures d'éloignement), nous travaillons avec les pays d'origine sur l'identification des personnes. Il y a ainsi eu une mission d'identification du Soudan", et ce même si la France n'a pas d'accord officiel avec le Soudan.

En même temps Didier Reynders "ne dit pas que ce n'est pas choquant de devoir discuter avec des partenaires avec lesquels nous ne partageons évidemment pas les mêmes idées, mais c'est ce que l'on fait tous les jours en matière de diplomatie. Ce qui est choquant, c'est la façon dont on utilise cette situation en Belgique, comme si on ne pouvait plus parler avec la plupart des partenaires dans le monde parce qu'il s'agit de régimes que nous ne soutenons pas".

"Nous respectons l’État de droit"

L'ancien ministre MR Hervé Hasquin a comparé le renvoi de migrants vers le Soudan au "régime de Vichy qui se débarrasse des juifs allemands qui avaient fui le régime nazi". "Si ce n'est qu'il n'y avait pas dans cette période des recours possibles, des institutions qui fonctionnent, que ce soit le Conseil d’État ou d'autres structures qui font que les retours forcés ne sont évidemment autorisés que si l'on respecte la Convention européenne des droits de l'Homme et les règles de l’État de droit".

"Je suis frappé par le populisme qui naît sur ce genre de dossier, c'est assez dramatique. Quand j'ai vu que de jeunes écologistes affichaient monsieur Francken en militaire allemand, je crois que l'on est tombé dans un autre débat politique. Ce que les jeunes écologistes ont fait est scandaleux, et c'est aussi une façon d'alimenter des peurs qui n'ont pas lieu d'être. Nous respectons l’État de droit, nous respectons les droits de l'Homme", insiste Didier Reynders.

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