Didier Reynders à Paul Magnette: "Agresser l'Europe ne va pas nous aider"

Didier Reynders dans L'indiscret
Didier Reynders dans L'indiscret - © RTBF

Pour Didier Reynders, Paul Magnette à dérapé lorsqu'il s'en est pris à la Commission européenne cette semaine. Interrogé par la RTBF, le ministre MR des Affaires étrangères déclare: "laisser entendre que l’Europe se trompe, c’est la meilleure façon de dégrader notre situation". Il serait "ravi" d'une majorité PS-MR à Liège.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders a annoncé cette semaine son transfert vers la capitale. Le Liégeois sera sur les listes à Uccle pour les prochaines élections communales. Pourquoi ? "D’abord pour des raisons personnelles", explique-t-il à Thomas Gadisseux dans L’indiscret : "Cela fait trente ans que je viens tous les jours à Bruxelles. Avec mon épouse, on avait choisi de s’implanter, au moins pour partie à Bruxelles. Et de ne plus faire tout le temps des navettes". Dans d’autres partis, il y a aussi eu des personnalités politiques qui ont fait le chemin de la Wallonie vers Bruxelles, rappelle Didier Reynders. Son objectif est de d’abord soutenir "calmement" Armand De Decker à Uccle pour les communales, mais ensuite, "en 2014, il est important d’avoir un redéploiement au sein des libéraux, ce que je vais faire", puisque le divorce est maintenant consommé entre le MR et le FDF.

Didier Reynders "serait ravi si le PS et le MR pouvaient former une majorité lors de la prochaine législature liégeoise. Je crois que ce serait la meilleure chose pour la ville".

"Quand un ministre socialiste dérape"

Le ministre socialiste Paul Magnette a qualifié cette semaine, au micro de la RTBF, la Commission européenne d’ "ultra-libérale", craignant qu’elle prépare 15 ans de récession pour l’Europe. Didier Reynders n’est "pas du tout d’accord avec ce que Paul Magnette a déclaré. On doit pouvoir donner son avis personnel, mais à un moment donné, il y a une ligne de gouvernement et c’est au Premier ministre de la donner. Quand un ministre socialiste dérape, Elio Di Rupo n’hésite pas à le remettre à sa place".

Pour Didier Reynders, "cela ne sert à rien de vouer la Commission aux gémonies", il faudra faire de nouveaux efforts en matière de dépenses pour réduire le déficit budgétaire du pays, confirme-t-il : "La nouvelle de la dégradation des notes de certains pays européens, ce n’est pas une bonne nouvelle". Didier Reynders qualifie le calendrier choisi par Standard & Poor’s d’ "aberrant. Pourquoi choisir le moment où on va arriver à un nouveau traité européen, où les marchés avaient l’air de réagir positivement ? J’ai le sentiment que les agences réagissent avec retard. Les taux d’intérêt ne sont pas fixés par les agences de notation. Ce sont des investisseurs qui décident de prendre ou non des emprunts d’Etat".

"J’aimerais qu’on prête beaucoup moins d’attention aux agences"

Didier Reynders estime qu’il y a peu de risque que la note de la Belgique soit encore dégradée prochainement, puisque la perspective de la Belgique n’est pas fortement négative. "J’aimerais d’ailleurs qu’on prête beaucoup moins d’attention à ces agences. Ce qui est intéressant, c’est de savoir à quel taux on peut emprunter. Si on veut éviter d’avoir un taux d’intérêt trop élevé, il faut se mettre en ordre sur le plan budgétaire. Et aussi arrêter de crier n’importe quoi n’importe où. Agresser l’Europe ne va pas nous aider beaucoup à avoir des taux d’intérêt favorables. Laisser entendre que l’Europe se trompe et qu’on devrait faire autre chose en Belgique tout seul, c’est la meilleure façon de dégrader notre situation".

A.L. avec T. Gadisseux

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