Didier Gosuin: "Une majorité avec le cdH? Il faut d'abord arriver les mains propres..."

Suite à la période politique inédite qui s'ouvre -le cdH qui débranche la prise aux Régions et à la Fédération Wallonie-Bruxelles- Matin Prem1ère consacrait ce mardi une page spéciale politique avec de nombreux invités, les représentants des différentes formations politiques invitées par Benoit Lutgen à former une nouvelle majorité et leur demandait leurs conditions justement pour mettre en place ce nouveau gouvernement.

Des gouvernements en phase avec ce que le fédéral met en place

Une question que quasiment tous ont jugé prématurée: "Nous n'en sommes pas là aujourd'hui, a répondu Olivier Chastel, président du MR. Moi je veux pouvoir, autour de la table, voir quel projet, parce que bien sûr on parle de gouvernance, de mesures à prendre en la matière, mais moi je veux surtout mettre en avant la manière avec laquelle j'ai, moi, plutôt l'envie aussi d'avoir des gouvernements en phase avec ce que le fédéral met en place aujourd'hui: la réforme, le développement économique, avec l'emploi, avec l'amélioration du pouvoir d'achat".

Réponse assez semblable chez Ecolo, où Patrick Dupriez a néanmoins témoigné de plus d'ouverture à l'appel du cdH que sa co-présidente Zakia Khattabi la veille: "Nous sommes prêts à dialoguer avec tout le monde, avec une priorité aujourd'hui, changer le système démocratique, changer le fonctionnement politique de ce pays avant de commencer potentiellement des négociations, mais on n'en est vraiment pas là.".

Ecolo va donc dès demain transmettre à toutes les formations politiques "une liste de propositions en matière d'éthique, en matière de renouvellement démocratique, en matière d'institutions, supprimer les provinces, dépolitiser l'administration, le décumul..C'est là-dessus que nous sommes prêts à commencer à discuter avec tout le monde, et pas aujourd'hui discuter de formation de gouvernement".

A condition que le cdH mette aussi de l'ordre

De son côté, le président de DéFi Olivier Maingain martèle qu'"il faut une vraie révolution. Chaque parti doit mettre de l'ordre." Et il cite des noms dont Joëlle Milquet.

Réponse encore plus méfiante de Didier Gosuin pour DéFi: "Je ne vais pas répondre à un appel. Aujourd'hui, la réalité ce n'est pas l'appel, c'est que 3 gouvernements sont dans l'incapacité de fonctionner, c'est-à-dire qu'on ne peut pas développer des politiques utiles pour les gens en matière d'emploi, de formation, d'enseignement, de politique économique, de mobilité. Ça, c'est la réalité. Et, bien entendu, nous sommes un parti responsable et on ne peut pas rester dans cette situation qu'a provoquée le cdH. Est-ce à dire qu'il faut tout accepter ? Non, il faut des conditions".

Il faut arriver les mains propres

Et parmi ces conditions, il y a la mise en pratique des grands principes annoncés en matière de malgouvernance suite aux affaires: "En matière de malgouvernance, ni le PS, ni le MR, ni le cdH n'ont de leçons à donner. Et donc, si on veut aborder ce débat, premier préalable, il faut arriver les mains propres. Ça veut dire que tous ceux qui sont impliqués dans des scandales, qui ont été inculpés — on a toute une série — déjà soient écartés de la vie politique. Et puis qu'il y ait véritablement une liste de revendications claire, nette et précise en matière de gouvernance. On ne va pas aller faire de l'eau tiède en matière de gouvernance, alors que précisément c'est là-dessus qu'on veut chuter".

Visé par Didier Gosuin, Olivier Chastel a clairement répondu que si "des éléments ont fauté, il faut effectivement les sanctionner, en toute connaissance de cause des actes qu'ils ont causés".

Et même si le MR veut lui aussi "une moralisation de la vie politique", "rationaliser drastiquement les structures, voir comment aussi dans l'administration il y a un certain nombre de choses à faire", "et dans le domaine de la gouvernance beaucoup de choses à réaliser", on sent qu'Olivier Chastel veut surtout s'assurer d'une adhésion des éventuels partenaires aux projets socio-économiques tels que portés par la majorité fédérale : "Moi j'entends tout ce qu'on évoque sur la gouvernance, je voudrais qu'on n'oublie quand même pas les priorités pour les Wallons et les Bruxellois".

 

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