D. Gosuin (FDF): Diminuer les cotisations? "C'est très idéologique"

Didier Gosuin (FDF): "Diminuer les cotisations sociales? C'est très idéologique""
Didier Gosuin (FDF): "Diminuer les cotisations sociales? C'est très idéologique"" - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

A la veille d'une rentrée politique chargée, le nouveau ministre bruxellois de l’Économie et de l'Emploi fait le point sur les principaux dossiers chauds sur la table du gouvernement régional. Sur les ondes de Matin première, il met l'accent sur la qualification des jeunes Bruxellois, et met également en garde les négociateurs fédéraux concernant certaines mesures en discussion: attention à l'effet d'aubaine, dit-il.

"Le défi est important car tout ce qu’on a entrepris a échoué". Didier Gosuin le souligne: le marché bruxellois de l'emploi ne répond toujours pas aux demandes des employeurs, et tout ce qui a été entrepris précédemment n'a pas donné de résultats suffisants. Ce qu'il mettra en place prendra du temps, ajoute-t-il. "Nous allons d’abord évaluer tous les mécanismes. (...) Puis on concentrera les efforts vers l'activation, c'est-à-dire donner aux demandeurs d’emploi bruxellois plus de chances d’être engagés, parce que d'avantage porteurs en termes de cotisations, de stages, de formation etc. C'est notre seul levier".

La constatation reste la même depuis longtemps: là où le bât blesse, c'est au niveau de la qualification des jeunes. "Trop de jeunes qui sortent de l’enseignement obligatoire sans qualification. Il faut qu’au niveau des communautés on prenne en compte toute la problématique de l’enseignement, qu'il soit technique, professionnel etc. Et il faut une obligation morale de donner une qualification", dit-il. "Mais il  je n’ai pas la compétence pour changer la donne", regrette-t-il, en précisant qu'il concentrera ses efforts pour sensibiliser les autres ministres compétents.

Responsabilité des entreprises

Mais Didier Gosuin avance une piste, à tout le moins un objectif: "Ma priorité sera de mettre directement le jeune en situation de travail", pour éviter le "trou" handicapant sur le marché du travail que constitue une longue période d'inactivité.

Car le défi est important, "le nombre de demandeurs d’emploi jeunes diminue mais le chômage ne diminue pas". Et Didier Gosuin d'interpeller les employeurs:"On sera à l’écoute du monde entreprises. Mais les entreprises ont une responsabilité également. A Bruxelles, on ne me fera pas dire qu’il n’y a pas de problèmes de discrimination. C'est de la responsabilité des entreprises qui travaillent à Bruxelles".

"Notre capacité est très limitée, soyons honnêtes", modère-t-il cependant, en précisant que ce n'est pas à coup de réglementations ou de lois que les choses vont changer: "C’est une responsabilisation d’abord. Si les entreprises délaissent le marché bruxellois, elles seront les première lésées".

Si le FDF n'est pas partenaire de majorité en Communauté française, Didier Gosuin espère que la nécessaire collaboration sera fructueuse entre les deux gouvernements. Il dit espérer "qu'on prenne en compte le défi de la qualification dans notre pays. Et qu'on soit conscient que demain, on aura plus besoin de têtes que de bras".

Fédéral: "Des propositions très idéologiques"

Concernant les idées qui circulent au niveau des négociations fédérales, Didier Gosuin se montre par contre assez réservé. Obliger les demandeurs d'emploi à accepter des emplois dits en pénurie? "Le demandeur d'emploi, les bénéficiaires  du revenu d'intégration sociale, ont déjà une obligation d'être actifs, par exemple de suivre une formation, on ne peut pas lui dire dans quel métier. Mais comment mettre cette proposition au fédéral en œuvre?  C'est une proposition très idéologique qui consiste à stigmatiser au lieu d'être positif. Le système suédois, où les entreprises sont aidées pour former les gens, me semble plus intéressant".

Didier Gosuin poursuit ses mises en garde, égratignant la proposition de diminuer les cotisation sociales des entreprises. Évoquée comme une piste sérieuse dans les négociations fédérales, elle pourrait être contreproductive, estime-t-il: "Diminuer le coût du travail est toujours une bonne idée. La question est de savoir comment il vont le financer. Et la question est de savoir que les entreprises vont faire avec ce gain. Quand vous voyez qu’en France, c'est exactement ce qu’a fait le pacte de responsabilité. Moralité: les dividendes ont augmenté de 40%", souligne-t-il. "Il ne faut pas croire que la main invisible règle tous les problèmes".

Dernier dossier évoqué: celui du survol de Bruxelles. Là Didier Gosuin préconise un retour à la situation antérieure au plan Wathelet. Cette décision devrait être prise par le gouvernement en affaires courantes, estime-t-il, avant une nouvelle analyse de la situation. "Il y aura toujours un partenaire positif à la Région", affirme-t-il cependant.

W. Fayoumi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK