Di Rupo 1er: foire d'empoigne au Conseil des ministres ce vendredi

Elio di Rupo, Premier ministre, a du jouer de diplomatie pour apaiser les esprits
Elio di Rupo, Premier ministre, a du jouer de diplomatie pour apaiser les esprits - © BELGA

La semaine politique a été marquée sans aucun doute par l'inscription dans l'Histoire du pays de la scission de BHV mais aussi par une tension extrême au sein du gouvernement d'Elio di Rupo. Le Conseil des ministres de ce vendredi restera pour certains observateurs comme l'un des plus agités des dernières années.

La première crispation est venue de la "reconnaissance de la sécheresse 2011 comme calamité agricole".

Seules des cultures de lin, d'épinard et de céréales de printemps de Flandre répondent aux critères d'indemnisation. D'où un communiqué vengeur jeudi du ministre wallon cdH Carlo di Antonio, défendant les agriculteurs wallons touchés non repris dans ces critères.

De quoi faire monter le ton avec la ministre fédérale de l'Agriculture MR Sabine Laruelle. "Di Antonio ne connaît pas la législation", lance Sabine Laruelle. La ministre accuse le parti de Benoit Lutgen de faire de la démagogie sur le dos des agriculteurs.

"Un communiqué de merde d'un niveau régional"

A lire La Libre Belgique de ce samedi, le ton est très vite monté avec un texto envoyé par le Premier ministre. "Voilà comment un communiqué de merde d'un niveau régional vient polluer la politique fédérale".

Visé donc : Carlo di Antonio. Les téléphones vont alors sonner entre Dour, lieu de fête qui colle aux semelles du ministre wallon, et Libramont, où l'on soupçonne le président du cdH de se balader à quelques jours de l'ouverture de la traditionnelle Foire.

C'est que cette polémique a un coût. 50 millions d'euros pour indemniser l'ensemble des agriculteurs au lieu des cinq prévus. Impossible budgétairement. Le MR Didier Reynders en rajoute: d'accord pour de l'argent aux agriculteurs, mais alors il n'y aura pas d'argent pour la police. De quoi braquer la cdH Joelle Milquet, ministre de l'Intérieur. Finalement on en reste à n'indemniser que les paysans flamands.

Autre pomme de discorde : les pirates somaliens

Autre point de crispation ce vendredi, il concerne la protection des bateaux belges face aux pirates somaliens, idée du socialiste flamand Johan Vande Lanotte, ministre de la Mer du Nord. Trop cher, répondent le PS et le cdH. Le ministre flamand explose à son tour et annonce, furieux, qu'il retire son projet.

Ce Conseil des ministres prévu pour durer deux heures en aura duré quatre. Et dire que tout ce petit monde se retrouvera ce dimanche pour un conclave budgétaire à priori facile. 78 millions d'euros sont à trouver, mais chacun pourrait revenir avec ses propres demandes.

F.L. (Avec F. Van Eeckhaut)

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