Devenir une 4ème région: l'ambition jamais abandonnée des germanophones

A la tribune du Parlement wallon, Karl-Heinz Lambertz n'en démord pas: la Région germanophone est inscrite dans les astres.
A la tribune du Parlement wallon, Karl-Heinz Lambertz n'en démord pas: la Région germanophone est inscrite dans les astres. - © BRUNO FAHY - BELGA

Karl-Heinz Lambertz, le président du Parlement de la Communauté germanophone, était ce mercredi l’invité du Parlement wallon. Visite de courtoisie entre voisins qui se rencontrent régulièrement mais première réelle occasion pour l'ex-Ministre président germanophone de s’adresser aux Wallons dans leur assemblée. Et comme lors de chaque rencontre depuis des années, le sujet au cœur des débats, c’était l’autonomie plus grande revendiquée par les Wallons de l’Est du pays.

En fait, ne les appelez surtout pas "Wallons de langue allemande" ou "Wallons de l’Est du pays". Même si, de fait, ils sont partie intégrante de la Région wallonne, ce n’est pas comme cela qu’ils se considèrent. Ils l'ont déjà fait remarquer sans périphrase à des Ministres-présidents wallons en visite chez eux.

Une communauté qui veut devenir région
Au sein des partis germanophones, un consensus prévaut : la Communauté germanophone doit devenir une région à part entière. Une région de petite taille, certes, mais qui puisse discuter d’égal à égal avec la Flandre, Bruxelles et… la Wallonie. C’est sur ce clou que Karl Heinz Lambertz a une fois de plus frappé à Namur. Je tiens à vous dire avec force, rappelle-t-il, que ce positionnement est partagé par une écrasante majorité des membres du Parlement germanophone dans une résolution de juin 2011.

Plus vite pour le MR…
Depuis 1994, Karl Heinz Lambertz négocie pas à pas avec la Wallonie des transferts de compétences dont certaines lui ont déjà été octroyées.
Allons plus loin, suggère Pierre-Yves Jeholet. Le chef de groupe MR veut non seulement accélérer les transferts mais aller plus vite, en ligne droite, vers la constitution d’une 4ème région. Elle est inscrite dans les astres. On n’y arrivera peut-être pas demain mais on y arrivera, dit-il, applaudi par les membres de son parti et la délégation germanophone présente.

… et plus doucement pour les autres
Karl-Heinz Lambertz, socialiste, admet alors qu’il a souvent obtenu plus facilement l’adhésion des autres partis que du sien. Ce que, dans les faits, Christophe Collignon, PS, implicitement, ne dément pas. Bien que régionaliste affirmé, le député wallon reste prudentissime sur la question. Cela doit pouvoir s’examiner sereinement mais pas à pas, selon lui.
Même point de vue chez son partenaire de majorité. Le cdH Dimitri Fourny conçoit d’avancer sur la question en y allant pianissimo mais sans tabou, dit-il, en transférant progressivement certaines compétences comme l’aménagement du territoire par exemple.
Quasi même vision chez Ecolo où Stéphane Hazée attire l’attention sur ce qui touche aux équilibres de l’Etat. Discuter d’une 4ème région maintenant alors que le pays connait un apaisement du conflit communautaire, c’est délicat selon lui.

Je ne demande pas cette région ici et maintenant, rappelle alors Karl Heinz Lambertz, mais je suis convaincu, dit-il, qu’elle viendra inévitablement et qu’elle est d’ailleurs souhaitable pour tous. Son discours est effectivement constant. Il a depuis longtemps fait le pari que l'obstination sera payante. L’heure de vérité approche, dit-il. Mais elle approche à pas comptés.


@Carl Defoy

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