Deux soldats belges blessés au Mali : "Ça aurait pu être vraiment dramatique"

Le Dingo II belge a été touché par une charge explosive de 30 kilos.
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Le Dingo II belge a été touché par une charge explosive de 30 kilos. - © Tous droits réservés

Deux militaires belges déployés au Mali ont été blessés le 1er janvier dernier alors qu’ils étaient en opération à 150 kilomètres de Gao, une zone où les groupes armés sont de plus en plus actifs et dangereux. Ils circulaient à bord d’un véhicule (un Dingo II) avec six autres collègues lorsque celui-ci a touché un engin explosif.

"Le Dingo II est un véhicule qu’on emploie pour transporter le personnel. Celui qui a été touché était le premier d’une colonne de 8 véhicules, il a roulé sur un engin explosif improvisé qui fonctionne avec une plaque de pression. Si la roue touche l’engin, il se déclenche et dans ce cas-ci, c’est le premier véhicule qui a roulé dessus. L’avant du véhicule a été complètement arraché. Certaines parties du moteur ont été retrouvées à 50 mètres du véhicule. Ça montre la puissance de l’impact mais aussi que le véhicule a bien protégé le personnel à l’intérieur", explique le commandant Jean-François, qui est rentré du Mali en février 2019.

Le général Johan Peeters a la même analyse : "Il est clair que leur véhicule a joué un rôle important car la charge explosive était de 30 kilos, ce n’est donc pas négligeable. Ça aurait pu être vraiment dramatique."

Lésions musculaires

Les deux militaires blessés, qui font partie d’une unité bilingue, sont restés au Mali, où ils poursuivent leur mission. Ils n’ont pas été grièvement blessés mais souffrent de lésions musculaires. Ils ont évidemment également été choqués par ce qu’ils ont vécu.

"Le détail des blessures relève du secret médical mais ils restent sur place. Je les ai vus la semaine dernière et ils vont bien", ajoute le général Peeters. "J’étais sur place pour prendre la température au sein du détachement et j’ai été très rassuré par ce que j’ai vu. J’ai pu donner l’autorisation de reprendre les opérations comme prévu".

Selon le commandant, la procédure à suivre lors de ce type d’incident avait été répétée à l’entraînement et elle a été parfaitement appliquée. "Ce type de situation avait fait l’objet d’exercices : la communication, la procédure médicale, comment se mettre à couvert, tout cela a servi dans ce cas-ci".

Commission rogatoire

Le parquet fédéral a ouvert une enquête pour terrorisme, a pour sa part indiqué le capitaine de vaisseau Carl Gillis, responsable de la division Opérations de la Défense. "Nous avons fourni toutes les informations au parquet fédéral qui va envoyer une commission rogatoire sur place." Plusieurs groupes terroristes sont potentiellement à l’origine cette attaque.

La Défense comme les enquêteurs espèrent désormais récupérer l’épave du Dingo II afin de pouvoir l’analyser. Plus de 180 incidents de ce type ont été relevés au Mali rien qu’en 2019.

Journal télévisé de 13H du 13/01/2020

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