François Bellot: "Respecter le droit de grève mais aussi celui de ceux qui veulent travailler ou se déplacer"

Des trains devraient à nouveau relier la Wallonie à Paris et d'autres villes françaises avant la fin de l'année, a annoncé François Bellot, ministre fédéral MR de la mobilité, interrogé dans Matin Première. Plus précisément une liaison Namur-Paris qui passerait aussi par Charleroi, et une ligne Mons-Paris, qui proposeraient deux trains par sens et par jour.

À la suite de problèmes techniques et d’investissements à réaliser, le gouvernement fédéral avait en effet supprimé le "Thalys wallon" en mars 2015. Depuis lors, les voyageurs devaient à tout prix passer par Bruxelles-Midi, et perdre beaucoup de temps pour rejoindre la Ville lumière.

Pas de liaison TGV

"C'est en tout cas mon souhait, a expliqué François Bellot, toute l’analyse a été réalisée aussi bien avec la SNCB que la SNCF et j’ose espérer que le CA de la SNCB va confirmer cette décision ce vendredi", ce qui devrait permettre à ces nouvelles liaisons d'être opérationnelles dès décembre 2018. Elles ne seront cependant pas assurées par des trains à grande vitesse (TGV). "Cela mettra une demi-heure en plus, mais ça aura le mérite de connecter des villes qui sont très demandeuses" commente François Bellot. C'est-à-dire non seulement les villes wallonnes, mais aussi Maubeuge, Aulnois, Saint-Quentin et Compiègne qui étaient désireuses d'être reliées à l'activité économique belge.

L'activité économique, mais aussi la simple liberté de se déplacer à une époque où on prône la mobilité douce, c'est ce qui justifie pour le ministre l'instauration du "service garanti", qui sera mis en place pour la première fois ce vendredi sur le rail belge lors de la journée de grève qui démarrera ce jeudi à 22h pour se terminer samedi à 22h. Sans provocation par rapport aux syndicats, assure François Bellot: "Le gouvernement avait indiqué dès le départ qu’il voulait mettre en place ce système, dans le respect du droit de grève, mais aussi dans le respect de ceux qui veulent travailler et de ceux qui veulent se déplacer".

Rappelons que sur base de l’effectif disponible (sur base des déclarations enregistrées 72h avant le début de la grève), la SNCB a défini les trajets qui pourront être assurés et qui ont été communiqués comme le prévoit la loi 24 heures avant le début du mouvement. "J’ai fait l’exercice, témoigne François Bellot, et par exemple de nombreux trains IC sont maintenus, notamment en heure de pointe, parfois avec une diminution du service en journée".  Et de souligner le progrès pour l'organisation des navetteurs: "Jusqu’ici, les voyageurs devaient se présenter à la gare le matin même pour savoir quels trains rouleraient ou pas".

Malgré la volonté annoncée des syndicats d'attaquer ce projet devant la cour constitutionnelle, il produira donc bien ses effets ce vendredi: "Ils ont dit qu’il contesteraient, mais à l’heure actuelle, cette loi est toujours bien là, et je n’ai pas vu l’action qui permette de l’attaquer".

Au-dessus d’1,8 g d'alcool dans le sang, le risque est 200 fois plus élevé d’avoir accident que si vous êtes sobre.

François Bellot a également confirmé la mise en place de l'éthylotest de démarrage pour les conducteurs condamnés pour ivresse au volant avec un taux supérieur à 1,8g d'alcool dans le sang: "Ca correspond à douze bières en deux heures, ou six whiskies en une heure. Le juge pourra condamner ces conducteurs à une peine de 1 à 3 ans de retrait de permis, ou au placement d'un éthylotetst de démarrage pour ceux qui conduire est une contrainte économique. Vous devez alors prouver à chaque fois avant de démarrer et de manière aléatoire pendant la conduite que vous êtes sobre. C'est ainsi qu’on va lutter contre les chauffards: au-dessus d’1,8, le risque est 200 fois plus élevé d’avoir un accident que si vous êtes sobre".

Vitesse réduite pour les départs en vacances

Des chauffards qui devront peut-être mettre la pédale douce ces prochains jours: le plan smog pourrait bien imposer des réductions de vitesse, et ce pas seulement en Belgique, pour réduire les émissions de particules fines.

Enfin, François Bellot a brièvement commenté la nouvelle attaque en justice contre un plan de survol de Bruxelles qui n’est toujours pas là. "Ca vient compliquer singulièrement les choses, a-t-il reconnu. Il faut objectiver les faits dans ce dossier. L'étude d’incidences est en cours, le bureau d’études est au travail. Mais les décisions de justice en l’espace d’un an s’opposent l’une à l’autre et beaucoup n’ont pas la maîtrise technique du dossier..."

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