Des tensions politiques qui ne cessent de grandir, la faute à la N-VA et aux élections ?

Pierre Vercauteren, politologue à l'UCL Mons, expliquait les tensions qui entourent la majorité durant ces fêtes de fin d'année.
Pierre Vercauteren, politologue à l'UCL Mons, expliquait les tensions qui entourent la majorité durant ces fêtes de fin d'année. - © BELGA

De plus en plus de sorties politiques se font, les élections à venir n'y sont peut-être pas pour rien. Dans le Plus de Matin Première, Pierre Vercauteren, politologue à l'UCL Mons, expliquait les tensions qui entourent la majorité durant ces fêtes de fin d'année. "Dans moins de 10 mois, les élections communales en octobre 2018 auront lieu et les élections générales encore 6 mois plus tard. Cela veut dire que la nervosité va s’accroître de plus en plus non seulement entre l’opposition et la majorité, mais aussi entre les partis de la majorité. Enfin, on peut considérer que la N-VA est un parti qui est en permanence en campagne et que ceci est un épisode supplémentaire."

Le président du parti nationaliste flamand Bart de Wever a pour habitude de mettre son grain de sel dans les dossiers fédéraux, alors que celui-ci ne fait pas partie du gouvernement fédéral. "C’est un peu une attitude de participe opposition de la N-VA. On sait que le parti flamand a toujours été très rechignant, en quelque sorte, à aller prendre des responsabilités à un gouvernement fédéral, alors que par ailleurs, son article 1 indique toujours qu’il souhaite une République indépendante de Flandre. Cette attitude un petit peu de participe opposition rend les choses difficiles à la fois pour le Premier ministre Michel, mais tout en menant en manière permanente de la part de la N-VA une campagne de positionnement sur le contenu politique, qui est aussi un positionnement de communication."

Pierre Vercauteren explique que dans le cas Theo Francken, le côté imprévu de la situation a énormément gêné la N-VA. "La N-VA n’aime pas l’imprévu, la N-VA aime organiser très précisément sa communication et son positionnement politique. Ce qui s’est passé avec Theo Francken sort un peu des bornes qui ont été fixées par la N-VA. Dans le cas présent, c’est l’image justement d’un parti bon gestionnaire qui est remis en cause puisque Theo Francken est mis en défaut. Soit il n’était pas au courant de qui se passait au sein de son administration et c’est l’image de l’homme compétent qui est en cause, soit au contraire il ne dit pas la vérité au Premier ministre et il est accusé effectivement de manque de loyauté de l’équipe gouvernementale."

D'autant que plusieurs dossiers concernent le parti nationaliste flamand. Mais la pression arrive également sur Charles Michel, qui doit prendre des décisions à quelques mois des élections. "La N-VA joue de plus en plus les enfants terribles, notamment en matière de réforme fiscale, on ajoute le pacte énergétique, on ajoute maintenant l’affaire Theo Francken, cela commence à devenir de plus en plus difficile pour Charles Michel. Soit il essaie de reconstituer quelque chose en réincluant la N-VA, mais à quel prix la N-VA va-t-elle monnayer son retour dans le pacte énergétique ? Soit — et c’est risqué évidemment d’aller au clash — il cherche une majorité alternative hors majorité gouvernementale. Tout cela indique qu’on peut s’attendre maintenant à voir des missiles de plus en plus nombreux entre les partis de la majorité d’un côté et entre majorité et opposition à l’approche des élections communales."

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