Des palmiers et des dattiers dans la forêt de Soignes ?

Pour comprendre ce que deviendront nos forêts de demain, il faut aller faire un tour au jardin botanique de Meise. On y trouve différents pavillons : végétation méditerranéenne, forêt équatoriale, forêt tropicale, forêt subtropicale… Stop : vous êtes au bon endroit : c’est ici que vous pouvez vous attarder, contempler les bananiers, palmiers, dattiers. Ici, on trouve du thé, des immenses feuilles de toutes formes, des immenses massifs floraux avec une grande caractéristique : la plupart de ces plantes restent vertes toute l’année. Si vous aimez les couleurs rouille de nos forêts en octobre, si vous retrouvez votre âme d’enfant en shootant dans les feuilles mortes, si l’arrivée de l’automne réveille votre nature romantique, il faudra vous adapter et en faire votre deuil…

Car une autre promenade en forêt de Soignes nous a confirmé ce que nous n’osons pas croire : les chênes vont mal et le temps des hêtres plantés au XVIIe siècle est compté. Pour le dire autrement, à terme la forêt cathédrale est condamnée. Et ne comptez pas sur l’arbre symbole de Noël pour donner le change : les épicéas d’Ardenne sont malades, ravagés par les maladies et les scolytes, affaiblis par les sécheresses répétées de l’été. Le réchauffement est une réalité, inscrite dans le tronc de nos arbres depuis les années’90. Les scientifiques sont formels, rien ne sert de nier il faudra abattre à temps…

Bruxelles subtropicale ?

Pour autant, on le sait, la nature à horreur du vide. Les arbres d’aujourd’hui seront remplacés par d’autres. Dans nos contrées, les modèles indiquent que le climat de Londres s’apparentera à celui de Barcelone. Quant à Bruxelles, il ressemblera à celui de Saint-Marin, de Canberra – la capitale de l’Australie – ou de Montevideo en Uruguay. Ce qui signifie des hivers très doux, des étés un peu plus chauds et humides. En clair, notre climat océanique tempéré va devenir subtropical. Ce qui veut dire, même si vous devez vous pincer pour y croire, que les bananiers et les palmiers pousseront sans souci dans nos parcs et dans nos forêts. Quand ça ? D’ici 20, 30 ou 40 ans. Et déjà aujourd’hui, ils ont toutes les chances de résister à nos hivers de moins en moins rigoureux. A Meise, on en a déjà planté hors des serres. Et ils passent très bien l’hiver.

Décidément il faudra nous y faire. Dans les Noëls futurs, mon beau palmier deviendra le roi des forêts, remplaçant le sapin d’autrefois…

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