Des ONG se mobilisent à Bruxelles contre l'optimisation fiscale des multinationales

aDes arrangements belges sont également en train d'être analysés."
aDes arrangements belges sont également en train d'être analysés." - © ODD ANDERSEN - AFP

A l'initiative d'Oxfam Solidarité, en collaboration avec le CNCD-11.11.11 et le Réseau justice fiscale, une vingtaine de personnes se sont rassemblées mercredi à 10h00 devant le ministère des Finances à Bruxelles, pour exiger davantage de transparence fiscale des multinationales. Le groupe a rejoint à 11h00 des partenaires européens devant les instances européennes, au rond-point Schuman.

Un an après le scandale LuxLeaks qui a révélé que 350 multinationales avaient conclu pas moins de 548 accords secrets avec les autorités fiscales luxembourgeoises, la coalition belge a symboliquement tiré la sonnette d'alarme en faisant sonner des cloches et a demandé sur des pancartes la transparence fiscale pour les multinationales.

Le groupement européen constitué d'une quarantaine de personnes a quant à lui utilisé des sifflets en écho à l'expression "whistleblower" (lanceur d'alerte, littéralement "celui qui souffle dans un sifflet").

Les manifestants souhaitent que les entreprises communiquent des informations pays par pays ("country-by-country reporting" ou CBCR). Cette mesure, actuellement sur la table de la Commission européenne, revient à obliger les entreprises à publier pour chaque pays où elles sont actives les taxes qu'elles paient et leur profit. Les ONG insistent pour que ces données soient disponibles publiquement, et non pas uniquement dans les mains des administrations fiscales.

"Les règles fiscales actuelles ont plus 90 ans et ont besoin d'être réformées, notamment pour correspondre à la réalité de l'économie numérique", défend Leila Bodeux, chargée de plaidoyer pour la campagne Inégalités d'Oxfam-Solidarité. "Les Etats essaient d'avoir la fiscalité la plus avantageuse possible pour que les multinationales s'installent sur leur territoire. En Belgique, on voit des grandes entreprises ne payer que 2 à 3% d'impôt, alors que le citoyen lambda paie plus de 30%."

"Après enquêtes, la commission européenne a déclaré illégaux par rapport aux petites et moyennes entreprises certains arrangements fiscaux, notamment entre Starbucks et les Pays-Bas", poursuit la militante. "Des arrangements belges sont également en train d'être analysés. On trouve injuste que tout cet argent échappe aux Etats et ne permette pas de contribuer aux services publiques, la santé ou l'éducation, a fortiori à une époque où on décide de plus en plus de mesures d'austérité et de coupes budgétaires. C'est aussi problématique par rapport aux pays en développement, qui sont complètement vidés de leurs ressources financières."

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