Action MRAX et LDH pour "fermer le cabinet du secrétaire d'État aux Centres fermés"

De nombreux policiers ont rapidement encadré l'action des militants de la LDH et du MRAX.
7 images
De nombreux policiers ont rapidement encadré l'action des militants de la LDH et du MRAX. - © Thomas MIGNON - RTBF

À l'appel du MRAX et de la Ligue des droits de l'Homme, des militants se sont enchaînés ce vendredi matin devant le cabinet du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA).

Environ 25 militants ont entamé l'action peu avant 8 heures ce vendredi, dont quatre se sont enchaînés à un baril alourdi avec du béton devant l'entrée principale du cabinet Francken.

La police est arrivée sur les lieux une dizaine de minutes après l'installation du dispositif et a procédé à un contrôle d'identité des personnes présentes. Vingt à trente agents, dont une équipe d'intervention spéciale pour la désincarcération des militants, étaient présents.

Plusieurs collaborateurs du cabinet n'ont pu entrer dans le bâtiment à cause de cette obstruction, a-t-on pu observer sur place.

À la demande de la police, les militants se sont finalement détachés eux-mêmes, mettant ainsi fin à leur action aux alentours de 12h20, après quatre heures de blocage du bâtiment.

Theo Francken, "secrétaire d'État aux Centres fermés"

À la veille de la journée mondiale des réfugiés, ils entendent ainsi dénoncer la volonté d'augmenter le nombre de places en centres fermés, des centres dont ils réclament la fermeture et dénoncent ce vendredi en "fermant" symboliquement le cabinet du secrétaire d'État.

"Aujourd'hui nous nous sommes tous retrouvés pour fermer le cabinet du 'secrétaire d'État aux Centres fermés', qui, avec sa politique inhumaine, avec sa fermeture d'esprit par rapport au dialogue, est en train de causer beaucoup de tort à des gens dont la situation est difficile et qui viennent en Belgique pour chercher un avenir, et même des chances de survie par rapport à ce qu'ils vivent dans leur pays", explique Carlos Crespo, président du MRAX.

L'action de bloquer l'accès au cabinet vise donc à montre "qu'il n'y a pas de perspectives de discussions et d'ouverture du secrétaire d'État vers une politique plus humaine". Les militants ont donc décidé de fermer son cabinet, "parce que toute sa politique d'asile est basée sur les centres fermés", ajoute-t-il.

"Nos enfants ou nos petits-enfants nous jugeront pour cela"

Le ministère Asile et Migration "viole les droits humains quotidiennement, en particulier dans les centres fermés, dont nous demandons la suppression depuis vingt ans", commente à son tour Alexis Deswaef, président de la Ligue des droits de l'Homme.

"Les centres fermés sont des prisons, et la banalisation de l'enfermement des migrants dans notre politique migratoire est absolument inacceptable. (...) Renforcer les frontières au lieu de réfléchir à des canaux légaux d'immigration, de faire en sorte que des personnes qui ont besoin de protection puissent obtenir cette protection..."

"Ça ne va pas, cet égoïsme qui pousse les États à se replier sur eux-mêmes et à enfermer les migrants. Un jour, nos enfants ou nos petits-enfants nous jugeront pour cela", lance encore Alexis Deswaef avant de conclure : "Enfermer des personnes parce qu'elles n'ont pas le bon cachet sur le bon papier, c'est absolument inimaginable".

Selon le MRAX et la Ligue des droits de l'Homme, plus de 6000 migrants sont "détenus dans les 5 centres fermés belges" chaque année, "au seul motif qu'ils n'ont pas de titre de séjour". Le système actuel se résume, disent-ils, au choix entre "la rue ou l'enfermement avec, à terme, la même destination finale : le retour".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK