Des médecins demandent que le Ring anversois soit totalement recouvert

Des médecins demandent que le Ring anversois soit totalement recouvert
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Des médecins demandent que le Ring anversois soit totalement recouvert - © KRISTOF VAN ACCOM - BELGA

Faut-il couvrir le ring d’Anvers ? Et plus globalement faut-il couvrir certains éléments de nos paysages routiers ? C'est en tout cas l'avis d’un groupe d’experts et de médecins. Dans une lettre publiée ce matin dans le Nieuwsblad op zondag, ils expliquent que le risque de mortalité des riverains du ring est plus élevé en raison de la pollution.

Littérature scientifique à l’appui, les experts signataires, médecins cardiologues, pédiatres, pneumologues, dressent un constat qui s’applique en fait à l’ensemble du pays.

La pollution de l’air, outre un coût pour maladies diverses à 5 milliards d’euros par an, notamment par les particules fines émises par la circulation routière, diminue l’espérance de vie de 13 mois en moyenne. "Il y a des estimations qui ont été faites sur base d'études épidémiologiques aux États-Unis et en Europe, qui montrent que la pollution par les fines particules contribue à un raccourcissement de l’espérance de vie", explique Benoit Nemery, professeur en toxicologie de la KULeuven. "Pour la Belgique la moyenne s'élève à une année", ajoute-t-il.

Autour du ring d’Anvers, le constat est encore plus effrayant : 3 ans de perdus... Même jusqu'à un kilomètre et demi, il y a des effets lourds pour la santé. Sachant que le long du ring anversois, il y a notamment 12 écoles et 75 crèche.

Et il n’y a pas que la pollution: le bruit aussi nuit également à la santé. Troubles du sommeil, de la concentration, de l’apprentissage pour les enfants, maladies cardiovasculaires, dépressions. Et pour le bruit, les panneaux prévus seraient insuffisants; pire, ils contribueraient à disperser plus loin les particules.

Conclusion des chercheurs : seule solution couvrir le ring anversois.

"Ma compétence, ce sont les effets de ces nuisances sur la santé", conclut Benoît Nemery. "La manière dont on limite ces effets, c'est plutôt de l'aménagement du territoire, de type technique. Mais c'est logique que, si on recouvre les artères, c'est tout bénéfice pour les populations". Cela capterait 94 à 99% des particules et on pourrait aussi récupérer le dioxyde produit.

Une intervention scientifique tout de même dans un dossier ultra-sensible politiquement côté flamand, avec un bourgmestre anversois prénommé Bart de Wever.

RTBF

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