Des manifestants brandissent du pain et de l'eau à D. Reynders pour A. Aarrass

Didier Reynders
Didier Reynders - © Archive NICOLAS LAMBERT - BELGA

A l'initiative du comité Free Ali Aarrass, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées, mardi soir dès 18h30, devant le Radisson Blu Royal Hotel, rue du Fossé-aux-Loups, à Bruxelles, où le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders était reçu en tant qu'invité d'honneur du dîner annuel de la Chambre de commerce américaine. Ces militants réclament une assistance consulaire de la Belgique pour le citoyen belgo-marocain Ali Aarrass, emprisonné à la prison de Salé II au Maroc.

Derrière des masques à l'effigie d'Ali Aarrass, les participants ont brandi du pain et de l'eau sous les fenêtres de l'hôtel et crié "Avec Ali jusqu'à la faim", en référence à sa dernière grève de la faim qui a duré 72 jours.

Non-lieu

Julie Jaroszewski, porte-parole du comité, a rappelé qu'en 2009, le juge espagnol Baltasar Garzón, réputé pour ses enquêtes sur des questions terroristes, et des crimes commis sous la dictature franquiste ou celle de Pinochet au Chili, a prononcé un non-lieu dans ce dossier. "Dans le cadre de cette affaire, l'Espagne s'est opposée à l'extradition d'un de ses ressortissants. Elle a laissé faire l'extradition d'Ali en 2010, car c'était à la Belgique d'intervenir et cela n'a pas été le cas." Le manque d'initiative de Didier Reynders est signe, pour elle, d'un racisme structurel. "Didier Reynders a été sommé d'apporter une assistance consulaire à Ali Aarrass. La justice belge a fait une jurisprudence en reconnaissant que la nationalité à prendre en compte est la nationalité de fait, la belge pour Ali. Il n'a jamais vécu au Maroc. La nationalité marocaine se transmet par filiation et les demandes de déchéance de nationalité ne sont jamais accordées."

Ali Aarrass a été condamné en 2012 en appel à douze années de prison pour "utilisation illégale d'armes" et "appartenance à un groupe ayant l'intention de commettre des actes terroristes". Il assure que sa condamnation repose sur des aveux obtenus sous la torture.

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