Des jeunes partis combattre en Syrie: les Renseignements se coordonnent

Une réunion était prévue ce lundi matin avec des représentants de l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace (OCAM), de la Sûreté de l'Etat, du parquet fédéral, du centre de crise et de la police.

Plusieurs informations sont parues dans la presse ces derniers temps concernant des jeunes convertis partis se battre en Syrie à l'injonction du groupuscule désormais démantelé Sharia4Belgium. De 50 à 80 jeunes gens seraient dans le cas.

Quand on demande à la ministre de l'Intérieur quel est l'intérêt de mettre tous les services autour de la même table et ce qu'ils craignent, voici ce qu'elle répond : "Il est clair que tout n'est pas neutre là-bas, qu'il y a évidemment des groupes terroristes et des groupes islamistes qui combattent à côté d'autres qui n'ont pas du tout les mêmes opinions et les mêmes objectifs. Il y a évidemment à éviter les départs, il y a à assurer leur suivi, il y a surtout à préparer le retour, il y a à pouvoir accompagner les familles, gérer les liens avec les autorités locales et le faire dans une stratégie qui soit, à la fois collective, et en même temps confidentielle parce que c'est des sujets qui sont délicats et qui ne demandent pas des traitements publics. Donc c'est un peu tous ces aspects-là, il y a aussi des aspects de politique étrangère par ailleurs. Donc on essaie vraiment de rencontrer ces différentes problématiques et c'est vrai que depuis que cette problématique est plus médiatisée, on a évidemment un peu plus de parents qui interpellent les autorités, ce qui était beaucoup moins le cas avant".

Pas de communication sur les chiffres

A la question de savoir si elle confirme les chiffres de 50 à 80 jeunes, Joëlle Milquet répond ceci : "Les chiffres sont évolutifs, on ne tient pas à communiquer sur les chiffres mais c'est vrai que nous en avons quelques dizaines, ce qui est dans l'ordre tout à fait de la proportion de ce que l'on connaît dans les autres pays, qui sont avoisinants et qui connaissent le même phénomène, la Hollande, la France, on connaît ces phénomènes également dans d'autres pays européens y sont confrontés également. Et ça demande une approche sérieuse, c'est vrai que c'est loin d'être anodin et qui soit efficace, claire, régulière sur le terrain et en même temps en coordination complète".

Tous ne sont pas des terroristes

Tout le monde ne va pas en Syrie avec les mêmes objectifs précise la ministre de l'Intérieur, "vous en avez qui veulent libérer leur pays d'un régime sanguinaire qui tue sa propre population bien sûr, vous avez par ailleurs d'autres factions. Et on sait très bien que comme ça se passe dans d'autres pays et notamment au Mali, vous avez des factions très proches d'Al-Qaïda qui combattent là-bas aussi et donc c'est pour ça que ça demande une approche nuancée et en même temps sérieuse parce qu'on ne va pas là, comment dire de manière anodine et ces personnes qui se trouvent là-bas, et les groupes ne sont pas du tout les mêmes et donc il est évident qu'il y a un danger de radicalisation, qui est clair. Et on ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier. On a des jeunes d'origine syrienne qui partent avec parfois d'autres objectifs bien sûr que d'autres qui partent dans une autre vision avec aussi parfois quelques groupes ici qui peuvent influencer la décision. Donc on doit vraiment faire la part des choses et ne pas mettre tout le monde dans le même panier bien sûr".

Un phénomène qui n'est pas nouveau

Pour le reste, la ministre affirme que cela fait de nombreuses semaines voire de nombreux mois que les services de sécurité, sous la coordination notamment de l'OCAM (Organe de Coordination pour l'Analyse de la Menace), travaillent sur cette problématique. Mais "tout ça est évidemment confidentiel. Donc ce n'est pas neuf. Il est vrai que disons à partir de maintenant, au lieu de faire une coordination classique, on va plutôt le faire dans le cadre de ce que l'on appelle une 'task force' mais c'est vraiment continuer le travail déjà entamé, avec vraiment un représentant de chaque service qui sera en contact constant pour aborder ensemble les différents aspects de la problématique, que ce soit des mesures de prévention, que ce soit l'échanges d'informations et de renseignements, que ce soit des contacts avec des familles qui nous interpellent, avec des autorités locales qui sont les plus concernées et les polices locales également, donc on a une, c'est une dimension qui est tellement multi dimensionnelle avec aussi les Affaires étrangères, avec aussi le rapport aux autres pays européens qui connaissent la même chose, donc il y a déjà une coordination aussi au niveau européen, parce que tous les pays sont confrontés pour le moment à cette même problématique. Donc on a voulu faire quelque chose qui soit efficace, coordonné et où il y ait une unité à la fois d'action et d'information".

A propos de Sharia4Belgium

Quant à savoir si Sharia4Belgium est encore active en Belgique malgré le démantèlement de son association, Joëlle Milquet déclare : "Vous savez, ce n'est pas parce qu'on a démantelé un nom, que les personnes ne sont pas actives, donc, enfin tout ça est vraiment pris en charge par les autorités et vous pensez bien qu'il y a un aspect pénal très lourd dans cette problématique. Le parquet fédéral est évidemment compétent et nous avons une législation sur le terrorisme, qui vient d'être renforcée encore et qui pénalise totalement sévèrement les recrutements pour partir à l'étranger, comme les formations à l'étranger, comme la participation à des groupes terroristes, même si c'est à l'étranger, donc nous avons aussi un volet pénal très lourd qu'il ne faut pas ignorer et qui vient d'être renforcé il y a encore quelques semaines".

 

RTBF

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